Archives de Catégorie: Slovénie

Euro 2012: la Serbie sombre, le Monténégro régale, la Bosnie n’avance pas

Pour ses débuts à la tête de la sélection serbe, Vladimir Petrovic Pizon ne s’attendait probablement pas à une telle désillusion. Après un premier match nul concédé à domicile contre la Slovénie le mois dernier pour la dernière sortie de Radomir Antic, les Aigles Blancs de Serbie ont cette fois-ci baissé pavillon au Partizan stadiom contre la très modeste équipe d’Estonie, pourtant atomisée 7-0 l’année dernière en Bosnie-Herzégovine.

Après une première mi-temps stérile, les Serbes pensaient avoir fait le plus dur en ouvrant la marque par Zdravko Kuzmanovic. Las, Kink égalisait quelques instants plus tard pour l’Estonie d’une frappe de loin que sur laquelle Stojkovic n’esquissait pas le moindre geste. Pire encore, alors que les Serbes se ruaient à l’attaque, c’est Vassilijev qui donnait l’avantage aux Estoniens d’un tir de 20 mètres. Malgré pas moins de 10 tirs cadrés, les Serbes ne parvenaient pas à égaliser, et s’énervaient. Et puisqu’il était écrit qu’ils boiraient le calice jusqu’à la lie, Aleksandar Lukovic marquait contre son camp dans les derniers instants suite à une mésentente avec son gardien (voir la vidéo).

 

Les Serbes se sont ridiculisés chez eux contre l'Estonie (Blic)

 

Une soirée très moche pour les Serbes qui se mettent dans une position délicate dans ce groupe C avec seulement 4 points en trois matchs et un déplacement à venir en Italie, qui devra reprendre les points laissés en route à Belfast.

Dans ce même groupe, les Slovènes n’ont fait qu’une bouchée des Iles Féroé avec notamment un triplé de Matavz pour une victoire finale 5-1, et se replacent au milieu du classement.

De leur côté, les Monténégrins de Zlatko Kranjcar volent d’exploit en exploit. Après leur victoire en Bulgarie le mois dernier, c’est la Suisse qui a mordu la poussière ce vendredi soir à Podgorica, malgré la présence du jeune crack Xherdan Shaqiri dans les rangs de la Nati. Une troisième victoire consécutive, 1-0 grâce à la star locale Mirko Vucinic, et les Monténégrins, malgré l’absence du crack Stevan Jovetic, se posent comme le plus sérieux rival de l’Angleterre dans le groupe G avant le match de mardi à Wembley, précisément entre l’Angleterre et le Monténégro.

 

Mirko Vucinic, l'homme à tout faire du Montenegro (Getty images / UEFA)

 

Dans le même groupe, la Bulgarie, définitivement sans Berbatov, mais avec Matthaus sur le banc, s’est rassurée en allant battre le Pays de Galle à Cardiff, grâce à un but de Popov au retour des vestiaires.

Signalons dans le groupe B la victoire sans souci de la Macédoine en Andorre 2-0, qui ne permet malheureusement pas aux coéquipiers de Goran Pandev de décoller dans ce groupe B où trois sélections (Russie, Slovaquie, Irlande) comptent 6 points.

Quant à la Grèce, elle a assuré le service minimum 1-0 contre la Lettonie sans convaincre personne, et se place ainsi en tête du groupe F, en attendant le match de samedi opposant Israël  à la Croatie.

Enfin, dans le groupe de l’équipe de France, pas de vainqueur entre l’Albanie et la Bosnie-Herzégovine malgré la domination des Bosniens, puisque les Albanais, fidèles à leur réputation d’impuissance offensive, n’ont tiré qu’une seule fois au but. Suffisant donc pour conserver la tête du groupe devant le Belarus qui n’a pu faire mieux qu’un minable 0-0 au Luxembourg. Quant à la Bosnie, elle ne se relance pas après sa défaite contre la France, et il faudra être nettement plus efficace offensivement pour s’assurer l’une des deux premières places du groupe. Il suffira donc aux Bleus de l’emporter demain contre la Roumanie pour prendre la tête du groupe.

 

Zvjezdan Misimovic n'a pas suffi pour battre l'Albanie (sportsport.ba)

 

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Euro 2012: très bons débuts pour les sélections balkaniques

Après un Mondial globalement décevant pour les sélections des Balkans, tout le monde est revenu sur le terrain ce vendredi soir pour la première journée des qualifications pour l’Euro 2012 en Pologne et Ukraine.

Avec seulement 14 tickets , la course au précieux sésame s’annonce plus serrée que jamais avant le passage à 24 en 2016. On peut donc se réjouir du bon départ pris par la plupart des sélections balkaniques, avec de belles victoires et et de bons résultats à l’extérieur.

Avec le sorcier Hiddink à leur tête, les Turcs avaient à cœur de repartir de l’avant, après s’être fait souffler la place de barragiste par la Bosnie. C’est chose faite dans un premier match relativement facile au Kazakhstan, avec une victoire 3-0 à la clé, une différence de but appréciable qui leur permet de devancer l’Allemagne, qui a battu la Belgique, au soir de la première journée.

Dans le Groupe B, la bonne performance du soir est à mettre au crédit de la Macédoine de Goran Pandev qui est allée chercher un bon match nul et vierge en Slovaquie, bonne surprise du dernier Mondial. Dans un groupe où la Russie et l’Irlande font figure de favoris, les Macédoniens ont peu de chance d’aller au bout, mais leurs progrès sont constants.

Dans le Groupe C, les Serbes, attendus au tournant après leur Mondial décevant, et sans Radomir Antic suspendu, ont plié leur match rapidement aux Iles Féroé avec deux buts dans les 20 premières minutes par Lazovic et le capitaine Dejan Stankovic. Nikola Zigic a clôt la marque en fin de match. La Serbie prend donc la tête de son groupe devant l’Italie, difficile vainqueur de l’Estonie à Talinn. En revanche, grosse contre-performance de la Slovénie dans ce groupe, puisque les hommes de Matjaz Kek se sont inclinés sur leur terrain 1-0 contre l’Irlande du Nord, la toute première défaite des Slovènes sur leur terrain de Maribor.

Pjanic attend de pied ferme les Français pour un match déjà décisif (Reuters)

Dans le Groupe D, celui de la France, la Bosnie-Herzégovine s’est clairement posée en favorite du groupe, en s’imposant avec autorité au Luxembourg 3-0, score acquis au bout de 17 minutes avec des buts d’Ibricic, Pjanic sur coup-franc, et Dzeko. Profitant de la défaite française à domicile contre une Biélorussie plus joueuse que certains l’attendaient, la Bosnie pourrait compter 6 points contre 0 à la France en cas de victoire mardi prochain, autant dire un écart très intéressant déjà en vue de la qualification. Dans l’autre match balkanique du groupe, la Roumanie a été tenue en échec par l’Albanie, ce qui confirme les tendances à la baisse du football roumain aperçu lors des derniers éliminatoires, et le rattrapage progressif des Albanais qui ont arraché l’égalisation dans les dernières secondes par Muzaka.

Dans le Groupe F, la Croatie se remet petit à petit de sa terrible désillusion du printemps dernier, et c’est la Lettonie qui en fait les frais, séchée sur son terrain 3-0, décidément le score de la soirée. Les gâchettes croates Olic et Petric y sont allées de leur but, tandis que Srna a conclu la marque en seconde période. Un résultat positif pour les Croates dans un groupe facile où seule la Grèce semble être en mesure de la gêner pour la qualification, à condition de faire bien mieux que le piteux match nul concédé à domicile face à la Géorgie, sauvé par Spiropoulos.

Pour finir, il faut saluer la belle victoire du Monténégro à domicile contre le Pays de Galles, grâce à un but de la star de la Roma Mirko Vucinic, tandis que dans l’autre match du groupe, la Bulgarie continue de s’enfoncer, avec cette correction reçue en Angleterre 4-0 avec un triplé de Jermaine Defoe, de quoi regretter encore davantage la retraite sportive de Dimitar Berbatov.

Mondial de basket: grosse présence balkanique et espoirs de médailles en Turquie

Samedi 28 août s’ouvrent les championnats du monde de basketball en Turquie. Souvent snobée par la NBA pour son manque d’attractivité, cette édition ne fait pas exception,et la liste des absents est pour le moins impressionnante, dans toutes les délégations.

Nowitzki et Kaman pour l’Allemagne, Gasol et Calderon pour l’Espagne championne du monde en titre, Kirilenko et Holden pour la Russie, Parker et Noah pour la France, Ilgauskas, Petravicius et Siskauskas pour la Lituanie, Ginobili pour l’Argentine, sans oublier Jao Ming pour la Chine, ainsi que tous les champions olympiques 2008 américains. N’en jetez plus!

Dès lors, difficile de dégager un favori naturel dans ce contexte, toutes les équipes avancent masquées, et beaucoup de sélections ont des raisons d’être optimistes, en particulier dans la région balkanique, très bien représentée avec la Serbie, la Croatie, la Slovénie, la Grèce et la Turquie, pays hôte.

Cette dernière devrait voir sa motivation démultipliée par le fait de jouer à domicile. Emmenée par ses deux joyaux Hidayet Turkoglu et Esan Ilyasova, les Turcs, 18e au classement FIBA, attendent et préparent ce rendez-vous depuis 2004. Toute leur stratégie a été conçue pour avoir une équipe au top en 2010, depuis le choix du coach, le Serbe Bogdan Tanjevic, jusqu’aux équipes qui ont joué les Eurobasket de 2005, 2007 et 2009.

Turkoglü devra guider son équipe, soutenu par tout un peuple

Si elle apparaît affaiblie par l’absence d’ailiers shooteurs de haut niveau, et par l’absence de Mehmet Okur de Utah Jazz, de Kerem Gönlüm suspendu pour dopage, et de l’étoile montante Ömer Aşık, cette équipe de Turquie pourra compter sur son public chaud bouillant pour la pousser à se surpasser, comme en 2001, lors de sa victoire à l’Eurobasket qu’elle avait organisée à l’époque.

Il faudra répondre présent dès le 2e jour de la compétition pour affronter la Russie dans un groupe C qui compte également la Chine, Porto Rico et la Grèce.

La Grèce parlons-en justement! Voilà 4 ans que les Grecs n’ont toujours pas digéré leur défaite contre l’Espagne en finale des Mondiaux, après avoir sorti le match de leur vie en demi-finale contre les Etats-Unis de LeBron James (101-95). Voile 4 ans que Diamantidis, Schortsanitis, Spanoulis (Papaloukas n’est pas dans le groupe), rêvent de prendre leur revanche et de remporter ce titre mondial.

Pour cela, la Grèce, où le basket est le sport roi avec le football, peut compter sur deux atouts majeurs. D’abord, un championnat de très haut niveau, qui lui permet de conserver ses joueurs, et de les confronter aux meilleurs basketteurs du monde, NBA exceptée. Ainsi, neuf des douze joueurs retenus évoluent soit au Panathinaikos, vainqueur de l’Euroligue 2009, soit à l’Olympiakos, finaliste 2010, une garantie de cohésion et de qualité, et d’un réservoir de joueur sans cesse renouvelé (champion d’Europe des moins de 18 ans et moins de 20 ans, vice-champions du monde des moins de 19 ans, rien qu’en 2009).

Ensuite, les Grecs s’en remettent à leur coach, l’expérimenté Lituanien Jonas Kazlauskas. Ancien coach de l’Olympiakos, Kazlauskas reste sur une très encourageante médaille de bronze obtenue à l’Euro l’année dernière, avec six joueurs inexpérimentés sur douze, et sans ses stars Papaloukas, Diamantidis et Tsartsaris. De bonne augure pour ce Mondial, où seule la victoire comptera pour la Grèce.

Le coach Jonas Kazlauskas n'a pas le droit à l'erreur cette année

Les choses sont différentes en ce qui concerne la Serbie. Vice-championne d’Europe surprise l’année dernière avec une équipe jeune et inexpérimentée, la Serbie a bien failli ne pas pouvoir participer à ce Mondial, la faute à une dette de 15.000 euros que la fédération de Serbie n’avait pas réglée à la FIBA, ce qui autorisait cette dernière à exclure les Serbes de toute compétition. Une fois la menace rendue publique, la fédération a mis les choses en ordre.

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Coupe du monde 2010: le titre pour les supportrices balkaniques

Retrouvez dès maintenant « Le sport dans les Balkans: talents, exploits et corruption », la dernière publication du Courrier des Balkans.

Certes, les trois sélections balkaniques (Grèce, Slovénie, Serbie) ont été éliminées au premier tour de la Coupe du monde, avec plus ou moins de panache, plus ou moins de chance et plus ou moins de mérite.

Mais il reste un domaine dans lequel la région balkanique possède plusieurs championnes du monde en puissance, celui des supportrices.

A vrai dire, si l’on organisait une Coupe du monde des supportrices, ce ne sont pas trois, mais dix pays balkaniques qui disputeraient le titre aux brésiliennes, argentines, hollandaises et autres italiennes.

Voici donc le Top 20 des plus belles supportrices de football balkaniques, avec aujourd’hui, celles classées de la 20e à la 10e place.

– A la 20e place du classement, cette malheureuse supportrice grecque qui voit son équipe quitter la Coupe du monde sans avoir essayé d’en sortir par le haut.

– A la 19e place, quand on pense qu’on aurait pu voir ça en tribune si les joueurs croates n’avaient pas déconné.

– A la 18e place, cette jolie roumaine, aperçue lors de l’Euro 2008, devrait réapparaître lors de Roumanie-France. Enfin une bonne raison de voir un match de l’équipe de France

– A la 17e place, qu’on se rassure, malgré leurs piètres prestations, les Bulgares ont encore du soutien. Avec la retraite annoncée de Berbatov, ce ne sera pas de trop

– A la 16e place, deux supportrices serbes, encore convaincues que Milos Krasic sait viser.

– A la 15e place,  l’Albanie est un pays d’avenir, la preuve

– A la 14e place, les Turcs avaient mis les petits plats dans les grands après leur Euro 2008. La Bosnie en a décidé autrement, dommage.

– A la 13e place, la Bosnie parlons-en justement. Quiconque est allé voir un match de l’équipe de Bosnie à Zenica connait la puissance des Fanaticos BIH, les Ultras qui suivent la sélection. Ils ont aussi quelques représentantes…

– A la 12e place, on en veut toujours beaucoup aux Croates de manquer ça. Mais qu’est-ce qu’ils ont foutu??? Le terrain était-il trop bosselé?

– A la 11e place, les Slovènes ont été 12.000 à faire le déplacement en Afrique du Sud, soit 0,6% de la population totale. Miss Slovénie, Mirela Korac, était là aussi avec quelques copines

La suite de ce classement demain, avec les 10 gagnantes.

Coupe du monde 2010: cruel épilogue pour la Slovénie

On aime aussi le football pour ça, pour ces ascenseurs émotionnels qui vous font passer de la joie à la détresse en l’espace d’une seconde, une seconde suffisante pour qu’à des centaines de kilomètres de là, un but soit inscrit,  un but contre lequel on ne peut rien, un but assassin qui signifie sa propre perte.

Depuis 1982 et ce match de la honte anschlussien entre RFA et Autriche qui avait éliminé la valeureuse Algérie, tous les derniers matchs se jouent désormais en même temps, pour le plus grand bonheur des amateurs de scénarii à la Hitchkock.

Avant la dernière journée de ce groupe C totalement indécis, tout le monde pouvait encore se qualifier, et la Slovénie se trouvait en bonne position puisque même une défaite n’était pas rédhibitoire, en fonction du résultat des Américains contre l’Algérie.

En revanche, ça commençait fortement à sentir le moisi pour Fabio Capello et la Perfide Albion, toujours à la recherche d’un succès dans ce groupe qualifié de « facile » il y a 6 mois. Sur la sellette, Capello n’a pourtant pas cédé aux demandes de John Terry de revenir à un 4-2-3-1, et a choisi  d’aligner d’entrée le duo Defoe-Rooney, alimenté par Milner et Gerrard, mettant donc un terme à la plaisanterie Emile Heskey, 56 ans.

Face à des Slovènes qualifiés en cas de match nul, et qui voulaient la revanche d’un match amical très disputé à Wembley il y a quelques mois, la partie s’annonçait difficile. Vêtus d’un superbe maillot rouge identique à celui de 1966, les Anglais rentrent pourtant bien dans la partie et se créent la première occasion du match, histoire de chauffer les gants de l’excellent Handanovic, le portier de l’Udinese.  Les Slovènes réagissent timidement sur coup de pied arrêté, mais il semble évident dans ce match que les Anglais vont pilonner les cages slovènes tandis que Birsa, Dedic et Novakovic vont devoir se débrouiller devant.

Une première fois Defoe butte donc sur Handanovic avant la délivrance, un amour de centre au cordeau dans les 6 mètres, Defoe plus prompt que l’excellent Suler, une volée qui atterrit sur Handanovic qui ne peut pas la repousser. The Three Lions mène au score, et à la faveur du nul des Etats-Unis contre l’Algérie, ils prennent la première place du groupe. Les Slovènes, eux, sont toujours qualifiés avec leurs 4 points.

A la mi-temps, les Américains peuvent regretter la myriade d’occasions vendangées, ainsi qu’un but parfaitement valable, une nouvelle fois refusé, après celui contre la Slovénie, ça commence à faire beaucoup.

En seconde période, les Anglais continuent de presser, et la défense slovène est de plus en plus en difficulté. Defoe marque, mais le but est refusé pour un hors-jeu préalable de Rooney, bien plus en jambe aujourd’hui, que son frère jumeau qui avait joué les deux premiers matchs. Sous son impulsion, Cesar, Brecko, par ailleurs un très bon joueur, et Suler souffrent, plient, mais ne rompent pas, et dans les bois, Handanovic est toujours impeccable.

Birsa envoie un coup-franc dans les bras de James histoire de rigoler, puis de nouvelles vagues rouges déferlent, sans pour autant être décisives. Arrivent les 10 dernières minutes du match, côté slovène, on s’assure que le score est toujours de 0-0 entre les Etats-Unis et l’Algérie. Les choses se présentent donc plutôt bien, et les Slovènes bénéficient même d’une triple occasion avec Novakovic et Radosavljevic, dont les tirs sont contrés in extremis par la défense anglaise, débarrassée de Carragher, l’homme qui devient tout rouge après un sprint.

Finalement, les Anglais se contentent de gérer la fin de partie, et c’est vers le Nelson Mandela Bay Stadium de Port Elizabeth qu’il faut se tourner pour les dernières minutes haletantes du match entre Américains et Algériens. Devant marquer à tout prix, les Yankees se ruent à l’attaque sans réussite. En face, il y a toujours une jambe, une hanche, ou le gardien pour repousser les tentatives, quand ce n’est pas la manchette volontaire de Yahia sur Dempsey (le défenseur sera expulsé en fin de match par erreur, mais son geste sera probablement visionné par la commission de la FIFA).

Dans ces conditions, les Algériens bénéficient de superbes opportunités de contre, le plus souvent très mal négociées, sauf sur cette tête de l’ancêtre Saïfi, dans les gants d’Howard. Sur le renvoi du gardien, les Américains se retrouvent en supériorité numérique dans le camp algérien, une aberration tactique. Donovan sert Altidore sur la droite, celui-ci centre, une première reprise est repoussée par le gardien algérien mais revient sur Donovan qui marque dans le but vide!! On joue la 91e minute, Donovan explose de joie et tout le banc américain lui saute dessus. Par jeu de vase communicantes, un surplus de joie intense entraîne son équivalent en tristesse autre part.  L’arbitre vient de siffler le coup de sifflet final du match entre l’Angleterre et la Slovénie. Quelques secondes avant, les Slovènes finissaient sereinement le match en pensant être qualifiés, au coup de sifflet final, ils apprennent finalement qu’ils sont éliminés. Le football est cruel, cardiaques s’abstenir.

Déception des Slovènes, mais défaite dans la dignité (Tomi Lombar / Delo)

Dans cette affaire, les Anglais ont eu chaud jusqu’au bout, et ils terminent à la seconde place du groupe, ce qui pourraient nous offrir un savoureux Allemagne-Angleterre au prochain tour, à condition que l’Allemagne batte le Ghana ce soir.

Quant aux Américains, ils finissent sur le fil en tête de ce groupe, ayant démontré, après un premier match médiocre, qu’il faudrait compter sur eux. Au prochain tour, ils pourraient affronter le Ghana ou la Serbie.

Un dernier mot sur les Slovènes, ils se sont battus avec leurs armes, la solidarité, l’enthousiasme, l’humilité, c’est déjà avec ces qualités que la Russie, bouffie de suffisance, était tombée dans le piège à Ljubljana lors des barrages. Cette fois, il s’en sera fallu de quelques secondes, mais les Slovènes peuvent être fiers du comportement de leur équipe nationale, contrairement à d’autres (quoi, moi critiquer les Bleus? jamais!).

Coupe du monde 2010 : exploit serbe, la Slovénie est passée tout près

Alors qu’ils avaient réalisé une première période de grande qualité, les Slovènes ont craqué en fin de match et ont concédé le match nul 2-2 contre les Etats-Unis.

Une fois de plus très solides défensivement autour de la paire Cesar-Suler, les Slovènes n’ont eu guère de difficultés à repousser les tentatives américaines en première période. À la 13e minute, Valter Birsa déclenchait la frappe à 25 mètres, une praline qui finissait sa course dans la lucarne de Tim Howard pour une magnifique ouverture du score.

Très bons au pressing, les hommes de Matjaz Kek étouffaient les tentatives désordonnées des Yankees. Juste avant la mi-temps, sur une récupération de l’excellent Brecko, le buteur Novakovic se transformait en passeur en décalant sur la gauche Zlatan Ljubijankic, qui doublait la mise d’un plat du pied imparable.

A la mi-temps, la Slovénie était virtuellement qualifiée pour le second tour, mais dès la reprise, Landon Donovan débordait sur la droite et envoyait une frappe canon dans un angle fermé sous la barre des cages de Samir Handanovic. Avec seulement un but de retard, l’espoir revenait côté américain, même si ce sont les Slovènes qui ont d’abord repris le ballon.

Cependant, à mesure que le match avançait, les joueurs slovènes baissaient pied physiquement, et les situations devant le but de Handanovic se multipliaient. Sur un long ballon aérien et une remise de la tête, Bradley envoyait une demi-volée sous la barre pour l’égalisation américaine. Malgré une tête de Novakovic, les Américains finissaient très fort la rencontre, et il s’en est fallu d’un coup de sifflet pour une faute pas évidente, que Edu ne donne la victoire aux Etats-Unis.

déception des Slovènes, passés à deux doigts de l'exploit

Reste un match très agréable à suivre, où chaque équipe s’est livrée à fond pour ne pas dire adieu au Mondial. Au final, ce match nul risque pourtant d’être insuffisant pour les Slovènes. Avec l’Angleterre comme dernier adversaire et 4 points, le plus probable est que les Etats-Unis battent l’Algérie dans leur dernier match, et finissent avec l’Angleterre à 7 points chacun, la différence de but donnant le vainqueur du groupe. Les deux premiers affronteront les deux premiers d’un groupe D tout aussi indécis, celui de la Serbie.

Car l’exploit du jour est à mettre à l’actif des hommes de Radomir Antic qui sont venus à bout de l’Allemagne au terme d’un match au scénario haletant. Décidés à effacer leur piètre prestation lors du premier match, les Serbes, avec Kuzmanovic et Ninkovic aux places de Milijas et Pantelic, avaient à cœur de rentrer fort dans le match. Avec un Krasic virevoltant, et une défense retrouvée, le 4-5-1 mis en place par Antic donnait entière satisfaction dans le pressing haut face à des Allemands qui peinaient à percer la muraille, sauf une fois sur une action confuse suite à un corner où le gardien Stojkovic, puis la barre, puis Kolarov sur sa ligne empêchèrent le cuir de franchir la ligne.

Le premier tournant du match a lieu à la demi-heure de jeu lorsque Miroslav Klose écope d’un second carton jaune pour une faute sur Dejan Stankovic. Réduits à 10, les Allemands n’ont aps le temps de se reprendre que Krasic déborde sur la droite, centre pour la remise du géant Zigic pour Milan Jovanovic qui marquait de près. Dans les cafés de Trg Republike, c’est l’explosion. Le futur joueur de Liverpool, lui aussi très bon sur son aile, inscrivait le premier but de l’histoire de la Serbie en Coupe du monde, et replaçait les Aigles Blancs sur le chemin de la qualification.

Jovanovic bat Neuer de près et ouvre la marque (Blic)

En supériorité numérique, les Serbes tenaient bien le ballon en début de seconde période, chaque offensive créait le danger mais la dernière passe manquant cruellement malgré une frappe sur le poteau, et une tête de Zigic sur la barre.

Le second tournant du match est cette action de Vidic, véritable photocopie de la main de Kuzmanovic contre le Ghana. Dans le café, personne ne l’a vu, et personne n’en croyait ses oreilles lorsque le commentateur a crié « penalty ». Un ralenti après, on se demande encore ce qui est passé par la tête de Vidic. Toujours est-il que Podolski s’élançait pour égaliser. Mais cette fois, Stojkovic est parti du bon côté, et repoussait la tentative du joueur de Cologne. Seconde explosion de joie, et applaudissement nourris pour Vladimir « Kusturica » Stojkovic, capable du meilleur comme du pire, mais sauveur de la nation sur ce coup.

une grosse défense et Stojkovic dans un grand jour, les artisans de la victoire serbe sont là avec Krasic au premier plan (Blic)

La dernière demi-heure sera une suite de contre-attaques serbes, le plus souvent mal négociées, par Lazovic, Kacar ou Zigic.

Qu’importe, après un dernier gros cafouillage et quelques prises de balle dans les airs de Stojkovic, l’arbitre libérait les joueurs, les cafés de Belgrade où l’orage commençait au même instant, et toute la Serbie. Instantanément, les coup de klaxons se multipliaient, les Serbes sont conscients de l’exploit que leur équipe vient de réaliser, elle qui n’avait encore jamais battu une grande nation du football. (voir la vidéo)

Alors bien sûr, les Allemands ont joué à 10, mais cette équipe serbe a fait preuve de toutes les qualités qu’on lui connait et qu’elle avait laissées au vestiaire contre le Ghana : solidarité, solidité défensive, pressing haut, jeu sur les ailes avec de très bons Krasic et Jovanovic, capacité de projection rapide vers l’avant, et le jeu de tête de Nikola Zigic.

Avec cette victoire ô combien importante, les Serbes se replacent dans la course à la qualification. Il faut attendre le résultat du Ghana contre l’Australie, mais il se pourrait que trois équipes finissent avec 6 points, auquel cas, c’est la différence de but qui les départagera. Il est donc désormais vital que les Serbes marquent un maximum de buts contre l’Australie lors du dernier match, tout en espérant, pourquoi pas, un match nul entre l’Allemagne et le Ghana qui provoquerait l’élimination de la Mannschaft, un cataclysme.

Pour finir, saluons également la première victoire en Coupe du monde de la Grèce, et même ses premiers buts. Menés 1-0 après un coup-franc de Kalou Uche (celui qui avait fait la misère à Escudé l’année dernière), les Grecs ont bénéficié d’un coup de pouce du destin à la demi-heure de jeu avec l’expulsion de Kaita suite à un mauvais geste totalement stupide. Juste avant la mi-temps, la chance souriait encore aux hommes de Rehhaghel avec cette frappe détournée de Salpingidis qui prenait à contre-pied l’excellent gardien Enyanema.

En seconde période, le gardien nigérian multipliait les arrêts mais relâchait finalement un ballon dans les pieds de Torosidis, qui donnait la victoire aux Grecs.

Avec ce succès, conjugué à la défaite de la Corée du Sud face à l’Argentine, la Grèce se replace dans la course à la seconde place avec les Asiatiques. Cependant, c’est l’Albiceleste qui se dressera face aux Grecs lors du dernier match. Si l’on apprécie cette première victoire historique (avec plus d’un but, une rareté), on est donc loin de crier victoire à Athènes.

Si l’on dresse un bilan provisoire des résultats des équipes balkaniques, la Serbie doit prendre garde au syndrome du relâchement, et se trouve dans une situation où 6 points pourraient ne pas suffire.

La Slovénie a laissé passer sa chance, et le plus probable est qu’elle ne parvienne pas à passer devant l’Angleterre et les Etats-Unis. Enfin, la Grèce devra faire mieux que la Corée du Sud lors de leurs derniers matchs respectifs pour se qualifier. Pas une mince affaire.

Mais comme on dit à Belgrade, u futbalu, sve moguce (dans le football, tout est possible).

Coupe du monde 2010: les Slovènes assurent, les Serbes se sabordent

A l’époque, une marque de frites surgelées avait pour slogan « c’est ceux qui en parlent le plus qui en mangent le moins ». Parmi les trois équipes balkaniques présentes à la Coupe du monde, il y a ceux qui ont autre chose à penser dans l’immédiat (la Grèce), ceux qui savourent d’être là (la Slovénie), et ceux qui ont l’ambition d’aller loin dans la compétition et ne s’en cachent pas (la Serbie).

Et devinez quelle est la seule équipe à avoir gagné son premier match? La Slovénie bien sûr. Certes, il fallait vraiment être motivé, ou Slovène, ou Algérien, pour rester plus de 20 minutes devant son écran, même le son coupé pour s’épargner les horribles vuvuzelas. Parfois un match qui se déroule au milieu de terrain est tactiquement intéressant. Ici, c’est juste que personne n’était techniquement assez doué pour faire le geste juste, le décalage, le crochet, l’accélération, l’appel, la frappe.

On a donc eu une première mi-temps cadenassée entre une Slovénie aux vertus défensives connues et parfaitement appliquées (avec Cesar en chef d’orchestre, oui, le défenseur de Grenoble), et une Algérie enthousiaste mais limitée et brouillonne, à l’image de Ziani qui aura beaucoup tenté, mais peu réussi. A peine quelques frayeurs de part et d’autre sur coups de pied arrêtés.

Et alors qu’on se dirigeait tout droit vers un bon 0-0 des familles, le gardien algérien Chaouchi a décidé de s’illustrer en laissant passer une frappe anodine du capitaine Robert Koren (voir vidéo). Sans doute inspiré par la cagade de son homologue anglais la veille, Chaouchi condamne les siens à la défaite, aggravée par l’expulsion stupide quelques minutes auparavant de Ghezzal.

Pour la Slovénie, cette victoire heureuse est la première de leur histoire, et elle a été fêtée dignement sur le terrain par les joueurs dont on aurait cru qu’ils avaient gagné le Coupe du monde. Quant au buteur Robert Koren, quelle meilleure façon de se signaler alors qu’il vient de se faire jeter de son club de West Bromwich Albion. Le capitaine slovène ne coûte pas un rond, joue au milieu et peut frapper de loin. Si avec ça, le PSG ne le recrute pas…

foto: Tomi Lombar/Delo

Le calendrier offre aux Slovènes une prochaine confrontation avec les Etats-Unis. Un match nul ne serait pas suffisant puisque les Américains vont battre l’Algérie. Il faudra donc un vainqueur, et celui-ci accompagnera sans doute l’Angleterre au second tour.

Et la Serbie alors? Soyons honnêtes. Sur le papier, cette équipe n’est pas mal du tout. Oui, mais elle a perdu contre la Nouvelle-Zélande. Elle possède cinq joueurs au dessus de 1,90m. Oui, mais elle a pris trois buts de la tête en amical contre le Cameroun. Alors que vaut réellement la Serbie? Est-elle l’équipe qui en a passé 5 à la Roumanie avec une facilité déconcertante, l’équipe qui possède des joueurs de classe mondiale (Vidic, Ivanovic, Stankovic, Krasic), ou bien  l’équipe incapable de surmonter la pression pour battre 10 Français à domicile, incapable de battre une équipe sérieuse depuis… 1990 si l’on considère que la Yougoslavie de 1990 était à majorité serbe et que l’Espagne de 1990 était une équipe sérieuse?

Le résultat, c’est que les Aigles Blancs (Beli Orlovi) ont des ailes de moineau. Face à un Ghana privé d’Essien et Muntari (essayez de faire jouer la Serbie sans Vidic et Stankovic), les hommes d’Antic ont livré une prestation indigne des ambitions qui sont les leurs et qui sont claironnées depuis leur qualification devant la France.

Les Serbes n’ont jamais été capables de jouer sur les ailes, Milos Krasic a été particulièrement catastrophique par ses choix, ses pertes de balle, et cette occasion incroyable manquée à 10 minutes de la fin. Un très mauvais match pour le probable futur joueur de la Juve, alors qu’il devait être le facteur X de cette équipe.

Krasic n' pas passé une seule fois son opposant (photo: Blic)

D’une façon générale, la Serbie n’a jamais été capable d’accélérer en jouant court, ni de jouer long intelligemment sur Zigic. Redoublant les passes au milieu de terrain, il y a eu beaucoup trop de lenteur pour surprendre une équipe ghanéenne qui se regroupait rapidement en défense et avait la capacité de se projeter très vite vers l’avant, ce que les Serbes, en particulier les latéraux Ivanovic et Kolarov n’ont presque pas fait. On va toutefois retenir une excellente combinaison sur coup-franc en première période, vendangée par Pantelic.

Si l’on ajoute à cela l’expulsion idiote de Lukovic pour une faute totalement inutile au milieu de terrain, on se dit que le match nul n’était pas une si mauvaise affaire, même si paradoxalement, c’est à 10 que les Serbes vont avoir les meilleures occasions en quelques minutes avec Krasic, Vidic puis Ivanovic. Avant cela, Zigic avait aussi raté une reprise à 5 mètres toute faite.

Et puis c’est le drame. Comme s’il n’y avait pas eu assez de boulettes de gardien, Kuzmanovic décide d’y aller de sa petite mimine dans la surface pour écarter le danger (à ce propos, la Serbie a battu la France 3 sets à 0 en volley-ball). A ce moment, il y a eu un silence sur Trg Republike, la place centrale de Belgrade. Certains ont vu la main et n’en revenaient pas, les autres se demandaient ce que l’arbitre avait sifflé. Les ralentis ont mis tout le monde d’accord. La main grossière n’a pas échappé à l’oeil de l’homme en noir (n’est pas Thierry Henry qui veut), ce qui a offert un penalty pour le Ghana, à cinq minutes de la fin du match.

Le rennais Gyan prend à contre-pied Stojkovic et offre une très précieuse victoire aux Ghanéens, avant de taper le poteau dans les arrêts de jeu. (voir la vidéo du match en italien dans le texte)

Le match contre le Ghana était celui qui allait décider de qui irait au second tour avec l’Allemagne. Deux ans de qualifications, six mois de préparation, tout ça pour passer au travers le jour J, et pour perdre sur un geste pareil.

Finalement, le seul serbe heureux de tout ça, c’est Milovan Rajevac, le sélectionneur serbe du Ghana. Ironie, quand tu nous tiens…

Avec cette défaite malvenue mais totalement justifiée, la Serbie n’a plus vraiment le choix. Il faudra faire un résultat contre l’Allemagne, qui s’est amusée contre de bien faibles Australiens. Sur ce qu’on a vu dimanche, les Serbes n’ont aucune chance. Mais le football est ainsi fait que chaque match a sa propre vérité. Qui sait? Si chaque joueur évolue à son vrai niveau, l’exploit est toujours possible.