Archives de Catégorie: Grèce

Euro 2012: la Serbie sombre, le Monténégro régale, la Bosnie n’avance pas

Pour ses débuts à la tête de la sélection serbe, Vladimir Petrovic Pizon ne s’attendait probablement pas à une telle désillusion. Après un premier match nul concédé à domicile contre la Slovénie le mois dernier pour la dernière sortie de Radomir Antic, les Aigles Blancs de Serbie ont cette fois-ci baissé pavillon au Partizan stadiom contre la très modeste équipe d’Estonie, pourtant atomisée 7-0 l’année dernière en Bosnie-Herzégovine.

Après une première mi-temps stérile, les Serbes pensaient avoir fait le plus dur en ouvrant la marque par Zdravko Kuzmanovic. Las, Kink égalisait quelques instants plus tard pour l’Estonie d’une frappe de loin que sur laquelle Stojkovic n’esquissait pas le moindre geste. Pire encore, alors que les Serbes se ruaient à l’attaque, c’est Vassilijev qui donnait l’avantage aux Estoniens d’un tir de 20 mètres. Malgré pas moins de 10 tirs cadrés, les Serbes ne parvenaient pas à égaliser, et s’énervaient. Et puisqu’il était écrit qu’ils boiraient le calice jusqu’à la lie, Aleksandar Lukovic marquait contre son camp dans les derniers instants suite à une mésentente avec son gardien (voir la vidéo).

 

Les Serbes se sont ridiculisés chez eux contre l'Estonie (Blic)

 

Une soirée très moche pour les Serbes qui se mettent dans une position délicate dans ce groupe C avec seulement 4 points en trois matchs et un déplacement à venir en Italie, qui devra reprendre les points laissés en route à Belfast.

Dans ce même groupe, les Slovènes n’ont fait qu’une bouchée des Iles Féroé avec notamment un triplé de Matavz pour une victoire finale 5-1, et se replacent au milieu du classement.

De leur côté, les Monténégrins de Zlatko Kranjcar volent d’exploit en exploit. Après leur victoire en Bulgarie le mois dernier, c’est la Suisse qui a mordu la poussière ce vendredi soir à Podgorica, malgré la présence du jeune crack Xherdan Shaqiri dans les rangs de la Nati. Une troisième victoire consécutive, 1-0 grâce à la star locale Mirko Vucinic, et les Monténégrins, malgré l’absence du crack Stevan Jovetic, se posent comme le plus sérieux rival de l’Angleterre dans le groupe G avant le match de mardi à Wembley, précisément entre l’Angleterre et le Monténégro.

 

Mirko Vucinic, l'homme à tout faire du Montenegro (Getty images / UEFA)

 

Dans le même groupe, la Bulgarie, définitivement sans Berbatov, mais avec Matthaus sur le banc, s’est rassurée en allant battre le Pays de Galle à Cardiff, grâce à un but de Popov au retour des vestiaires.

Signalons dans le groupe B la victoire sans souci de la Macédoine en Andorre 2-0, qui ne permet malheureusement pas aux coéquipiers de Goran Pandev de décoller dans ce groupe B où trois sélections (Russie, Slovaquie, Irlande) comptent 6 points.

Quant à la Grèce, elle a assuré le service minimum 1-0 contre la Lettonie sans convaincre personne, et se place ainsi en tête du groupe F, en attendant le match de samedi opposant Israël  à la Croatie.

Enfin, dans le groupe de l’équipe de France, pas de vainqueur entre l’Albanie et la Bosnie-Herzégovine malgré la domination des Bosniens, puisque les Albanais, fidèles à leur réputation d’impuissance offensive, n’ont tiré qu’une seule fois au but. Suffisant donc pour conserver la tête du groupe devant le Belarus qui n’a pu faire mieux qu’un minable 0-0 au Luxembourg. Quant à la Bosnie, elle ne se relance pas après sa défaite contre la France, et il faudra être nettement plus efficace offensivement pour s’assurer l’une des deux premières places du groupe. Il suffira donc aux Bleus de l’emporter demain contre la Roumanie pour prendre la tête du groupe.

 

Zvjezdan Misimovic n'a pas suffi pour battre l'Albanie (sportsport.ba)

 

Publicités

Mondial de basket: grosse présence balkanique et espoirs de médailles en Turquie

Samedi 28 août s’ouvrent les championnats du monde de basketball en Turquie. Souvent snobée par la NBA pour son manque d’attractivité, cette édition ne fait pas exception,et la liste des absents est pour le moins impressionnante, dans toutes les délégations.

Nowitzki et Kaman pour l’Allemagne, Gasol et Calderon pour l’Espagne championne du monde en titre, Kirilenko et Holden pour la Russie, Parker et Noah pour la France, Ilgauskas, Petravicius et Siskauskas pour la Lituanie, Ginobili pour l’Argentine, sans oublier Jao Ming pour la Chine, ainsi que tous les champions olympiques 2008 américains. N’en jetez plus!

Dès lors, difficile de dégager un favori naturel dans ce contexte, toutes les équipes avancent masquées, et beaucoup de sélections ont des raisons d’être optimistes, en particulier dans la région balkanique, très bien représentée avec la Serbie, la Croatie, la Slovénie, la Grèce et la Turquie, pays hôte.

Cette dernière devrait voir sa motivation démultipliée par le fait de jouer à domicile. Emmenée par ses deux joyaux Hidayet Turkoglu et Esan Ilyasova, les Turcs, 18e au classement FIBA, attendent et préparent ce rendez-vous depuis 2004. Toute leur stratégie a été conçue pour avoir une équipe au top en 2010, depuis le choix du coach, le Serbe Bogdan Tanjevic, jusqu’aux équipes qui ont joué les Eurobasket de 2005, 2007 et 2009.

Turkoglü devra guider son équipe, soutenu par tout un peuple

Si elle apparaît affaiblie par l’absence d’ailiers shooteurs de haut niveau, et par l’absence de Mehmet Okur de Utah Jazz, de Kerem Gönlüm suspendu pour dopage, et de l’étoile montante Ömer Aşık, cette équipe de Turquie pourra compter sur son public chaud bouillant pour la pousser à se surpasser, comme en 2001, lors de sa victoire à l’Eurobasket qu’elle avait organisée à l’époque.

Il faudra répondre présent dès le 2e jour de la compétition pour affronter la Russie dans un groupe C qui compte également la Chine, Porto Rico et la Grèce.

La Grèce parlons-en justement! Voilà 4 ans que les Grecs n’ont toujours pas digéré leur défaite contre l’Espagne en finale des Mondiaux, après avoir sorti le match de leur vie en demi-finale contre les Etats-Unis de LeBron James (101-95). Voile 4 ans que Diamantidis, Schortsanitis, Spanoulis (Papaloukas n’est pas dans le groupe), rêvent de prendre leur revanche et de remporter ce titre mondial.

Pour cela, la Grèce, où le basket est le sport roi avec le football, peut compter sur deux atouts majeurs. D’abord, un championnat de très haut niveau, qui lui permet de conserver ses joueurs, et de les confronter aux meilleurs basketteurs du monde, NBA exceptée. Ainsi, neuf des douze joueurs retenus évoluent soit au Panathinaikos, vainqueur de l’Euroligue 2009, soit à l’Olympiakos, finaliste 2010, une garantie de cohésion et de qualité, et d’un réservoir de joueur sans cesse renouvelé (champion d’Europe des moins de 18 ans et moins de 20 ans, vice-champions du monde des moins de 19 ans, rien qu’en 2009).

Ensuite, les Grecs s’en remettent à leur coach, l’expérimenté Lituanien Jonas Kazlauskas. Ancien coach de l’Olympiakos, Kazlauskas reste sur une très encourageante médaille de bronze obtenue à l’Euro l’année dernière, avec six joueurs inexpérimentés sur douze, et sans ses stars Papaloukas, Diamantidis et Tsartsaris. De bonne augure pour ce Mondial, où seule la victoire comptera pour la Grèce.

Le coach Jonas Kazlauskas n'a pas le droit à l'erreur cette année

Les choses sont différentes en ce qui concerne la Serbie. Vice-championne d’Europe surprise l’année dernière avec une équipe jeune et inexpérimentée, la Serbie a bien failli ne pas pouvoir participer à ce Mondial, la faute à une dette de 15.000 euros que la fédération de Serbie n’avait pas réglée à la FIBA, ce qui autorisait cette dernière à exclure les Serbes de toute compétition. Une fois la menace rendue publique, la fédération a mis les choses en ordre.

Lire la suite

Coupe du monde 2010: un bilan des équipes balkaniques

Retrouvez dès maintenant « Le sport dans les Balkans, entre talents, exploits et corruption », la nouvelle publication du Courrier des Balkans.

La Coupe du monde a livré son verdict. Après une finale intense à défaut d’avoir été spectaculaire, le précieux trophée a pris la direction de l’Espagne, un dénouement somme toute assez juste quand on voit ce que les Hollandais ont proposé lors de cette finale. Le temps est donc venu de dresser un bilan de ce Mondial, en ce qui concerne les sélections balkaniques.

A vrai dire, personne ne s’attendait réellement à ce qu’une équipe balkanique se glisse dans cette finale, mais on pouvait légitimement espérer qu’au moins une d’entre elles sorte des poules.  Pensez-vous!!

A l’heure de dresser le bilan, il n’est donc pas étonnant que la colonne actif soit plus légère que la colonne passif.

On a aimé:

  • le courage et la dignité des Slovènes. Voilà une équipe qui ne s’est pas prise pour une autre, qui a joué avec ses armes, et qui a été à une minute de se qualifier pour le second tour. Mention spéciale au gardien Samir Handanovic, l’un des futurs grands au poste en Europe, à Marko Suler, toujouts très propre, et au latéral Brecko dont la vivacité et les interventions ont souvent été décisives.
  • le but de Robert Koren contre l’Algérie, parce que si on n’est pas Algérien, c’est quand même le seul moment un peu marrant d’un match par ailleurs tout pourri.
  • les deux très jolis buts slovènes contre les Yankees.
  • le penalty de Podolski arrêté par Vladimir Stojkovic, qui permet à la Serbie de battre l’Allemagne.
  • le groupe facebook créé juste après « Sta jedino ne sme Cak Norris? Da sutira penal Stojkovicu » que l’on peut traduire par « quelle est la seule chose que Chuck Norris n’ose pas faire? Tirer un penalty à Stojkovic ».
  • le match global des Serbes contre l’Allemagne et le joli but de Milan Jovanovic.
  • la première mi-temps des Serbes contre l’Australie.
  • le dernier quart d’heure de folie des Serbes contre l’Australie.

On n’a pas aimé:

  • l’absence de la Croatie, et de Luka Modric en particulier. Bon, c’est entièrement de leur faute, mais quand même. C’est à se demander comment ils ont pu prendre 9 pions en deux matchs contre des Rosbifs sur les rotules incapables d’aligner trois passes et de jouer avec un système lisible.
  • l’absence de la Bosnie. D’abord parce que Blazevic à la Coupe du monde, c’est toujours drôle, et puis parce que ce Portugal-là était franchement sans saveur. Contre l’Espagne, la Bosnie avait pris 5-2 à domicile, mais elle aurait pu marquer 5 buts aussi.
  • le match des Serbes contre le Ghana. Avoir le trouillomètre à zéro est la garantie de faire un mauvais match.
  • les réflexes de volley-ball de Kuzmanovic et Vidic qui ont coûté deux penaltys à la Serbie.
  • quelqu’un a vu Kacar? Moi non, et c’est bien dommage.
  • l’incroyable maladresse des attaquants serbes contre l’Australie ou comment perdre un match qui doit être plié en 45 minutes.
  • la défense serbe qui a encore encaissé un but de la tête par Cahill (1,78m) après les trois buts concédés ainsi contre le Cameroun.
  • Milos Krasic pour l’ensemble de son oeuvre. Un talent brut, mais qui est quand même passé à côté de son premier match dans les grandes largeurs, a réussi le deuxième, avant d’être le bouffeur de feuille dans le dernier. Le football est injuste.
  • M. Larrionda, l’arbitre uruguayen, pour l’ensemble de son oeuvre. Avant de ne pas voir le but de Lampard contre l’Allemagne, M. Larrionda a refusé un but valable à Pantelic contre l’Australie, et n’a pas vu une main de Cahill en fin de match. Lui aussi a été éliminé en huitièmes, c’est déjà ça.
  • les cons qui ont balancé quelques chaises dans la fontaine de Trg Republike, et des bouteilles au hasard dans la foule au moment du second but australien.
  • l’expulsion ridicule de Behrami contre le Chili. Les arbitres se sont donnés le mot pour sortir des cartons rouges imaginaires.
  • la Grèce. Quand on aime le football, la Grèce est insupportable. Quand on aime le football, on veut que la Grèce sorte le plus vite possible parce que trois matchs de la Grèce, c’est déjà trop. Quoi? La Grèce a gagné un match en marquant 2 buts contre 10 nigérians? C’était sûrement involontaire.
  • l’utilisation très parcimonieuse de Sotiris Ninis, le seul joueur grec à avoir un peu de ballon dans les chaussettes. Il était temps qu’Otto laisse sa place.

Coupe du monde 2010: le titre pour les supportrices balkaniques (suite)

Retrouvez dès maintenant « Le Sport dans les Balkans: talents, exploits et corruption », la dernière publication du Courrier des Balkans

Suite de notre classement des plus belles supportrices balkaniques. Nous nous étions quittés sur Miss Slovénie, venue avec ses copines soutenir l’équipe nationale.

Reprenons donc avec les 10 lauréates.

– A la 10e place, cette jolie Roumaine qui regarde Mutu tirer un penalty contre Buffon à l’Euro 2008. Las, il le loupe, se fait suspendre pour dopage, et doit rembourser 17 millions à Chelsea. La drogue, c’est de la merde Adrian…

– A la 9e place, cette charmante supportrice grecque a emmené avec elle son appareil photo. Malheureusement, pour voir de belles actions des joueurs grecs, c’est plutôt vers les parquets de basket qu’il faut se tourner.

– A la 8e place, nous demandons solennellement à Goran Pandev de faire tout son possible pour qu’un jour la Macédoine participe à une compétition internationale. Il faut dire qu’un tel coucher de soleil, c’est que du bonheur

– A la 7e place, il faut bien se consoler comme on peut de l’élimination de la Serbie

– A la 6e place,  on retrouve une amie croate, dont Slaven Bilic a cru bon de devoir nous priver. Petite astuce, il y a les mêmes pour les matchs de handball, où la Croatie est dans les meilleures du monde.

– A la 5e place, il y a peut-être une chance de voir mademoiselle lors du prochain Albanie-France de septembre 2011. Tous à vos accréditations!

– A la 4e place, ce qu’on aime quand on va voir un match sur Trg Republike à Belgrade, c’est de voir ça. Juste magnifique.

– A la 3e place, à égalité du jury, la Bosnie, pour sa valeureuse campagne de qualification, achevée sur les poteaux du stade de la Luz.

– Sur la 2e marche du podium, encore et toujours des regrets éternels pour nos amies croates, décidément très bien représentées dans ce classement.

– Enfin, pour voir un jour la grande gagnante, il faudra prier le ciel pour que Stevan Jovetic et Mirko Vucinic guident le petit Monténégro vers les sommets. Une seule monténégrine dans ce classement, mais quelle monténégrine!

Si avec ça les Balkans ne sont pas champions du monde des supportrices, c’est à n’y plus rien comprendre.

Encore que nos amies polonaises ne sont pas mal non plus. En voici quelques-unes, juste pour la beauté du geste.

A lundi, pour un bilan Mondial dans le Courrier des Balkans.

Coupe du monde 2010: le titre pour les supportrices balkaniques

Retrouvez dès maintenant « Le sport dans les Balkans: talents, exploits et corruption », la dernière publication du Courrier des Balkans.

Certes, les trois sélections balkaniques (Grèce, Slovénie, Serbie) ont été éliminées au premier tour de la Coupe du monde, avec plus ou moins de panache, plus ou moins de chance et plus ou moins de mérite.

Mais il reste un domaine dans lequel la région balkanique possède plusieurs championnes du monde en puissance, celui des supportrices.

A vrai dire, si l’on organisait une Coupe du monde des supportrices, ce ne sont pas trois, mais dix pays balkaniques qui disputeraient le titre aux brésiliennes, argentines, hollandaises et autres italiennes.

Voici donc le Top 20 des plus belles supportrices de football balkaniques, avec aujourd’hui, celles classées de la 20e à la 10e place.

– A la 20e place du classement, cette malheureuse supportrice grecque qui voit son équipe quitter la Coupe du monde sans avoir essayé d’en sortir par le haut.

– A la 19e place, quand on pense qu’on aurait pu voir ça en tribune si les joueurs croates n’avaient pas déconné.

– A la 18e place, cette jolie roumaine, aperçue lors de l’Euro 2008, devrait réapparaître lors de Roumanie-France. Enfin une bonne raison de voir un match de l’équipe de France

– A la 17e place, qu’on se rassure, malgré leurs piètres prestations, les Bulgares ont encore du soutien. Avec la retraite annoncée de Berbatov, ce ne sera pas de trop

– A la 16e place, deux supportrices serbes, encore convaincues que Milos Krasic sait viser.

– A la 15e place,  l’Albanie est un pays d’avenir, la preuve

– A la 14e place, les Turcs avaient mis les petits plats dans les grands après leur Euro 2008. La Bosnie en a décidé autrement, dommage.

– A la 13e place, la Bosnie parlons-en justement. Quiconque est allé voir un match de l’équipe de Bosnie à Zenica connait la puissance des Fanaticos BIH, les Ultras qui suivent la sélection. Ils ont aussi quelques représentantes…

– A la 12e place, on en veut toujours beaucoup aux Croates de manquer ça. Mais qu’est-ce qu’ils ont foutu??? Le terrain était-il trop bosselé?

– A la 11e place, les Slovènes ont été 12.000 à faire le déplacement en Afrique du Sud, soit 0,6% de la population totale. Miss Slovénie, Mirela Korac, était là aussi avec quelques copines

La suite de ce classement demain, avec les 10 gagnantes.

Coupe du monde 2010 : exploit serbe, la Slovénie est passée tout près

Alors qu’ils avaient réalisé une première période de grande qualité, les Slovènes ont craqué en fin de match et ont concédé le match nul 2-2 contre les Etats-Unis.

Une fois de plus très solides défensivement autour de la paire Cesar-Suler, les Slovènes n’ont eu guère de difficultés à repousser les tentatives américaines en première période. À la 13e minute, Valter Birsa déclenchait la frappe à 25 mètres, une praline qui finissait sa course dans la lucarne de Tim Howard pour une magnifique ouverture du score.

Très bons au pressing, les hommes de Matjaz Kek étouffaient les tentatives désordonnées des Yankees. Juste avant la mi-temps, sur une récupération de l’excellent Brecko, le buteur Novakovic se transformait en passeur en décalant sur la gauche Zlatan Ljubijankic, qui doublait la mise d’un plat du pied imparable.

A la mi-temps, la Slovénie était virtuellement qualifiée pour le second tour, mais dès la reprise, Landon Donovan débordait sur la droite et envoyait une frappe canon dans un angle fermé sous la barre des cages de Samir Handanovic. Avec seulement un but de retard, l’espoir revenait côté américain, même si ce sont les Slovènes qui ont d’abord repris le ballon.

Cependant, à mesure que le match avançait, les joueurs slovènes baissaient pied physiquement, et les situations devant le but de Handanovic se multipliaient. Sur un long ballon aérien et une remise de la tête, Bradley envoyait une demi-volée sous la barre pour l’égalisation américaine. Malgré une tête de Novakovic, les Américains finissaient très fort la rencontre, et il s’en est fallu d’un coup de sifflet pour une faute pas évidente, que Edu ne donne la victoire aux Etats-Unis.

déception des Slovènes, passés à deux doigts de l'exploit

Reste un match très agréable à suivre, où chaque équipe s’est livrée à fond pour ne pas dire adieu au Mondial. Au final, ce match nul risque pourtant d’être insuffisant pour les Slovènes. Avec l’Angleterre comme dernier adversaire et 4 points, le plus probable est que les Etats-Unis battent l’Algérie dans leur dernier match, et finissent avec l’Angleterre à 7 points chacun, la différence de but donnant le vainqueur du groupe. Les deux premiers affronteront les deux premiers d’un groupe D tout aussi indécis, celui de la Serbie.

Car l’exploit du jour est à mettre à l’actif des hommes de Radomir Antic qui sont venus à bout de l’Allemagne au terme d’un match au scénario haletant. Décidés à effacer leur piètre prestation lors du premier match, les Serbes, avec Kuzmanovic et Ninkovic aux places de Milijas et Pantelic, avaient à cœur de rentrer fort dans le match. Avec un Krasic virevoltant, et une défense retrouvée, le 4-5-1 mis en place par Antic donnait entière satisfaction dans le pressing haut face à des Allemands qui peinaient à percer la muraille, sauf une fois sur une action confuse suite à un corner où le gardien Stojkovic, puis la barre, puis Kolarov sur sa ligne empêchèrent le cuir de franchir la ligne.

Le premier tournant du match a lieu à la demi-heure de jeu lorsque Miroslav Klose écope d’un second carton jaune pour une faute sur Dejan Stankovic. Réduits à 10, les Allemands n’ont aps le temps de se reprendre que Krasic déborde sur la droite, centre pour la remise du géant Zigic pour Milan Jovanovic qui marquait de près. Dans les cafés de Trg Republike, c’est l’explosion. Le futur joueur de Liverpool, lui aussi très bon sur son aile, inscrivait le premier but de l’histoire de la Serbie en Coupe du monde, et replaçait les Aigles Blancs sur le chemin de la qualification.

Jovanovic bat Neuer de près et ouvre la marque (Blic)

En supériorité numérique, les Serbes tenaient bien le ballon en début de seconde période, chaque offensive créait le danger mais la dernière passe manquant cruellement malgré une frappe sur le poteau, et une tête de Zigic sur la barre.

Le second tournant du match est cette action de Vidic, véritable photocopie de la main de Kuzmanovic contre le Ghana. Dans le café, personne ne l’a vu, et personne n’en croyait ses oreilles lorsque le commentateur a crié « penalty ». Un ralenti après, on se demande encore ce qui est passé par la tête de Vidic. Toujours est-il que Podolski s’élançait pour égaliser. Mais cette fois, Stojkovic est parti du bon côté, et repoussait la tentative du joueur de Cologne. Seconde explosion de joie, et applaudissement nourris pour Vladimir « Kusturica » Stojkovic, capable du meilleur comme du pire, mais sauveur de la nation sur ce coup.

une grosse défense et Stojkovic dans un grand jour, les artisans de la victoire serbe sont là avec Krasic au premier plan (Blic)

La dernière demi-heure sera une suite de contre-attaques serbes, le plus souvent mal négociées, par Lazovic, Kacar ou Zigic.

Qu’importe, après un dernier gros cafouillage et quelques prises de balle dans les airs de Stojkovic, l’arbitre libérait les joueurs, les cafés de Belgrade où l’orage commençait au même instant, et toute la Serbie. Instantanément, les coup de klaxons se multipliaient, les Serbes sont conscients de l’exploit que leur équipe vient de réaliser, elle qui n’avait encore jamais battu une grande nation du football. (voir la vidéo)

Alors bien sûr, les Allemands ont joué à 10, mais cette équipe serbe a fait preuve de toutes les qualités qu’on lui connait et qu’elle avait laissées au vestiaire contre le Ghana : solidarité, solidité défensive, pressing haut, jeu sur les ailes avec de très bons Krasic et Jovanovic, capacité de projection rapide vers l’avant, et le jeu de tête de Nikola Zigic.

Avec cette victoire ô combien importante, les Serbes se replacent dans la course à la qualification. Il faut attendre le résultat du Ghana contre l’Australie, mais il se pourrait que trois équipes finissent avec 6 points, auquel cas, c’est la différence de but qui les départagera. Il est donc désormais vital que les Serbes marquent un maximum de buts contre l’Australie lors du dernier match, tout en espérant, pourquoi pas, un match nul entre l’Allemagne et le Ghana qui provoquerait l’élimination de la Mannschaft, un cataclysme.

Pour finir, saluons également la première victoire en Coupe du monde de la Grèce, et même ses premiers buts. Menés 1-0 après un coup-franc de Kalou Uche (celui qui avait fait la misère à Escudé l’année dernière), les Grecs ont bénéficié d’un coup de pouce du destin à la demi-heure de jeu avec l’expulsion de Kaita suite à un mauvais geste totalement stupide. Juste avant la mi-temps, la chance souriait encore aux hommes de Rehhaghel avec cette frappe détournée de Salpingidis qui prenait à contre-pied l’excellent gardien Enyanema.

En seconde période, le gardien nigérian multipliait les arrêts mais relâchait finalement un ballon dans les pieds de Torosidis, qui donnait la victoire aux Grecs.

Avec ce succès, conjugué à la défaite de la Corée du Sud face à l’Argentine, la Grèce se replace dans la course à la seconde place avec les Asiatiques. Cependant, c’est l’Albiceleste qui se dressera face aux Grecs lors du dernier match. Si l’on apprécie cette première victoire historique (avec plus d’un but, une rareté), on est donc loin de crier victoire à Athènes.

Si l’on dresse un bilan provisoire des résultats des équipes balkaniques, la Serbie doit prendre garde au syndrome du relâchement, et se trouve dans une situation où 6 points pourraient ne pas suffire.

La Slovénie a laissé passer sa chance, et le plus probable est qu’elle ne parvienne pas à passer devant l’Angleterre et les Etats-Unis. Enfin, la Grèce devra faire mieux que la Corée du Sud lors de leurs derniers matchs respectifs pour se qualifier. Pas une mince affaire.

Mais comme on dit à Belgrade, u futbalu, sve moguce (dans le football, tout est possible).

Coupe du monde 2010: la Grèce joue à l’envers

On ne va pas se mentir. Avec l’Argentine et l’Angleterre en piste aujourd’hui, le match entre la Grèce et la Corée du Sud était sur le papier le moins attractif des trois.

Et puis voir la Grèce jouer s’apparente très souvent à une purge. Si vous voulez initier quelqu’un au football, ne lui montrez jamais un match de la sélection d’Otto Rehhagel.

Seulement là, c’est la Corée du Sud qui a pris les choses en main en marquant très rapidement sur le point fort des Grecs, les coups de pied arrêtés, avec une faute de marquage assez grossière qui a permis au defenseur Lee Jung-Soo d’ouvrir la marque.

Les Coréens, auteurs de bons matchs de préparation dans l’ensemble, sont apparus en très bonne forme, enchaînant les bonnes séquences et les contres rapides, notamment sur le côté de droit de Chung Yong, le jeune joueur de Bolton.

Et les Grecs? Pas grand chose. Derrière, le pauvre Vyntras est complètement dépassé par les évènements, les Grecs ont semblé abandonner toute la rigueur qui avait fait leur force, y compris en barrage contre l’Ukraine. En seconde période, sur une touche grecque, Vyntras, encore lui, se troue et permet à Ji Sung-Park d’aller inscrire le but du KO. Rehhaghel tente alors un coup de poker en sortant successivement Karagounis, Samaras, invisible, et Charisteas, guère mieux.

Il faudra attendre la 70e minute de jeu pour enfin voir les Grecs dangereux par Gekas, meilleur buteur des phases de qualification. Malheureusement, les corners obtenus seront vendangés, tandis que Kapetanos rate la cible au point de penalty.

Jamais réellement en danger, les Coreens prennent une sérieuse option sur la qualification, tandis que les Grecs ont déjà un pied dans l’avion pour Athènes. Au vu du match, on ne va pas s’en plaindre. Les Coréens ont montré beaucoup de qualités, de l’envie et de la fluidité dans leurs enchaînements. Quant aux Grecs, la vieille garde (Katsouranis, Karagounis, Charisteas) a fortement déçu. Espérons au moins voir à l’oeuvre le jeune Sotiris Ninis, qui apportera peut-être la fraicheur et la folie qui manque cruellement à cette équipe fondamentalement lente, prévisible et ennuyeuse.

Place maintenant à la piste aux étoiles avec l’Argentine de Don Diego.

A demain pour la Slovénie et la Serbie