Archives de Catégorie: Basket

Milos Teodosic pour remplacer Tony Parker?

Le temps passe vite en NBA. Entre l’âge et les blessures, les Spurs de San Antonio cherchent à trouver un successeur au meneur français Tony Parker.

Le choix des Texans pourrait se porter sur le meneur serbe de l’Olympiakos Milos Teodosic, royal depuis deux ans, que ce soit avec le club grec ou avec la sélection serbe, qu’il a porté dans le dernier carré lors des derniers championnats d’Europe 2009 et du monde 2010 en Turquie en août dernier.

Claudio Kripa, scout des Spurs, s’est déplacé en personne cette semaine en Grèce, afin d’assister à la rencontre d’Euroligue entre l’Olympiakos et le Real Madrid. Une rencontre facilement remportée par les Grecs, 82-66, avec 15 points et 7 passes de Teodosic, sous les yeux ravis de Kripa.

Malgré son contrat courant jusqu’en 2012, Teodosic pourrait donc rejoindre la NBA très prochainement. Restera alors à savoir s’il restera disponible pour sa sélection, où si l’on en profitera côté serbe pour lancer de nouveaux jeunes.

Mondial de basket: grosse présence balkanique et espoirs de médailles en Turquie

Samedi 28 août s’ouvrent les championnats du monde de basketball en Turquie. Souvent snobée par la NBA pour son manque d’attractivité, cette édition ne fait pas exception,et la liste des absents est pour le moins impressionnante, dans toutes les délégations.

Nowitzki et Kaman pour l’Allemagne, Gasol et Calderon pour l’Espagne championne du monde en titre, Kirilenko et Holden pour la Russie, Parker et Noah pour la France, Ilgauskas, Petravicius et Siskauskas pour la Lituanie, Ginobili pour l’Argentine, sans oublier Jao Ming pour la Chine, ainsi que tous les champions olympiques 2008 américains. N’en jetez plus!

Dès lors, difficile de dégager un favori naturel dans ce contexte, toutes les équipes avancent masquées, et beaucoup de sélections ont des raisons d’être optimistes, en particulier dans la région balkanique, très bien représentée avec la Serbie, la Croatie, la Slovénie, la Grèce et la Turquie, pays hôte.

Cette dernière devrait voir sa motivation démultipliée par le fait de jouer à domicile. Emmenée par ses deux joyaux Hidayet Turkoglu et Esan Ilyasova, les Turcs, 18e au classement FIBA, attendent et préparent ce rendez-vous depuis 2004. Toute leur stratégie a été conçue pour avoir une équipe au top en 2010, depuis le choix du coach, le Serbe Bogdan Tanjevic, jusqu’aux équipes qui ont joué les Eurobasket de 2005, 2007 et 2009.

Turkoglü devra guider son équipe, soutenu par tout un peuple

Si elle apparaît affaiblie par l’absence d’ailiers shooteurs de haut niveau, et par l’absence de Mehmet Okur de Utah Jazz, de Kerem Gönlüm suspendu pour dopage, et de l’étoile montante Ömer Aşık, cette équipe de Turquie pourra compter sur son public chaud bouillant pour la pousser à se surpasser, comme en 2001, lors de sa victoire à l’Eurobasket qu’elle avait organisée à l’époque.

Il faudra répondre présent dès le 2e jour de la compétition pour affronter la Russie dans un groupe C qui compte également la Chine, Porto Rico et la Grèce.

La Grèce parlons-en justement! Voilà 4 ans que les Grecs n’ont toujours pas digéré leur défaite contre l’Espagne en finale des Mondiaux, après avoir sorti le match de leur vie en demi-finale contre les Etats-Unis de LeBron James (101-95). Voile 4 ans que Diamantidis, Schortsanitis, Spanoulis (Papaloukas n’est pas dans le groupe), rêvent de prendre leur revanche et de remporter ce titre mondial.

Pour cela, la Grèce, où le basket est le sport roi avec le football, peut compter sur deux atouts majeurs. D’abord, un championnat de très haut niveau, qui lui permet de conserver ses joueurs, et de les confronter aux meilleurs basketteurs du monde, NBA exceptée. Ainsi, neuf des douze joueurs retenus évoluent soit au Panathinaikos, vainqueur de l’Euroligue 2009, soit à l’Olympiakos, finaliste 2010, une garantie de cohésion et de qualité, et d’un réservoir de joueur sans cesse renouvelé (champion d’Europe des moins de 18 ans et moins de 20 ans, vice-champions du monde des moins de 19 ans, rien qu’en 2009).

Ensuite, les Grecs s’en remettent à leur coach, l’expérimenté Lituanien Jonas Kazlauskas. Ancien coach de l’Olympiakos, Kazlauskas reste sur une très encourageante médaille de bronze obtenue à l’Euro l’année dernière, avec six joueurs inexpérimentés sur douze, et sans ses stars Papaloukas, Diamantidis et Tsartsaris. De bonne augure pour ce Mondial, où seule la victoire comptera pour la Grèce.

Le coach Jonas Kazlauskas n'a pas le droit à l'erreur cette année

Les choses sont différentes en ce qui concerne la Serbie. Vice-championne d’Europe surprise l’année dernière avec une équipe jeune et inexpérimentée, la Serbie a bien failli ne pas pouvoir participer à ce Mondial, la faute à une dette de 15.000 euros que la fédération de Serbie n’avait pas réglée à la FIBA, ce qui autorisait cette dernière à exclure les Serbes de toute compétition. Une fois la menace rendue publique, la fédération a mis les choses en ordre.

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Il y a 41 ans disparaissait Radivoj Korac, l’un des plus grands basketteurs de l’histoire

Le 2 juin est un jour de deuil pour le monde du basket yougoslave. C’est le jour où il a perdu sa première idole, fauchée à 31 ans par un accident de la route à Sarajevo.

Un texte de Violette Pajovic et Simon Rico.

Radivoj Korać, dit le Rouquin, a été l’un des meilleurs basketteurs des années 1960. Dès ses débuts, le gaucher qui évoluera au poste d’ailier fort se caractérise par son intelligence, son génie, sa ruse et son dribble qui font de lui un scoreur de première classe. Lors d’un match junior, il inscrit même tous les points de son équipe !

Korać entame sa carrière pro à 19 ans à l’OKK Belgrade. Dès sa première saison, il termine meilleur marqueur du championnat, un titre qu’il obtiendra à sept reprises (1957, 58, 60, 62, 63, 64, 65), record inégalé. En 10 ans de ligue yougoslave, il inscrira 5.281 points pour une moyenne faramineuse de 32,7 points par match. Lors d’une rencontre de Coupe d’Europe qui oppose sa formation à l’Alvik Stockholm, Radivoj marque 99 points, un de moins que le mythique record de Wilt Chamberlain en NBA. Avec son club, il remporte tous les trophées nationaux, dont quatre championnats.

Autorisé à partir à l’étranger, il évolue un an au Standard de Liège, qu’il conduit au titre national en étant désigné meilleur joueur de l’Ethias League et finissant meilleur marqueur. L’année suivante, il rejoint Padoue où il termine meilleur marqueur du championnat italien 1969 avec 581 points.

Ses performances exceptionnelles en club lui valent d’enfiler le maillot yougoslave dès l’âge de vingt ans. Avec l’équipe nationale, il remportera une médaille d’argent olympique (1968), deux médailles d’argent mondiales (1963, 67), deux médailles d’argent européennes (1961, 65) et une de bronze (1963). Individuellement, il éclabousse de sa classe les parquets du monde entier, obtenant le titre de meilleur marqueur des JO 1960 et 1964 et des Championnats d’Europe 1961, 1963, 1965.

Le 2 juin 1969, alors qu’il rentre d’un match joué à Sarajevo, il se tue dans un accident de la route. Aussitôt, la fédération yougoslave décrète que plus jamais un match ne sera joué ce jour-là. Il est le premier sportif enterré dans lAllée des Grands du Nouveau cimetière de Belgrade, réservée à des personnalités nationales de 1er rang.

Disparu prématurément, Radivoj Korać aura marqué l’histoire du basket mondial. Dès 1972, la Fédération internationale de basket-ball lui rend hommage en créant une compétition européenne à son nom. En 2003, la Serbie-Monténégro change le nom de sa coupe nationale en Coupe Radivoj Korać. Quatre ans plus tard, il est élu membre du FIBA Hall of fame, le panthéon des basketteurs. Aujourd’hui, une rue de Belgrade et quatre clubs européens portent son nom.

Compte tenu de l’époque, les vidéos de ses exploits sont assez rares, en voici une qui lui rend hommage (cliquez ici).

Qu’est-ce que le basket yougoslave?

Retrouvez dès maintenant « Le sport dans les Balkans: talents, exploits et corruption », la dernière publication du Courrier des Balkans

Bonjour à tous,

Aujourd’hui et demain, l’Université de Limoges, la fédération française de basket-ball et le CNOSF organisent un colloque international sur l’histoire du basket-ball en Europe, dont vous pouvez trouver le programme ici.

A cette occasion, j’aurai l’opportunité d’intervenir sur le basket yougoslave. Qu’est-ce que le modèle yougoslave de basket-ball? Comment est-il né? Sur quoi de fonde-t-il? Comment un pays de 20 millions d’habitants a-t-il pu être au sommet du basket-ball mondial avec deux mastodontes comme les Etats-Unis et l »URSS? Comment la Serbie et ses 7 millions d’habitants peut-être continuer à être parmi les meilleures nations mondiales? Quel est donc l’héritage du modèle yougoslave?

C’est à toutes ces questions qu’il faudra répondre.

En attendant, je vous laisse découvrir un résumé dans les grandes lignes de mon intervention de demain.

 » Quand il débarque au royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes en 1923, Wiliam Wieland réalise-t-il quel cadeau prométhéen il s’apprête à offrir aux Yougoslaves? Probable que non. Envoyé par la Croix Rouge américaine en tournée en Europe, Wialland est chargé de diffuser, entre autres, le basket sur le vieux continent. Pendant les trois mois qu’il restera dans ce qui n’est pas encore nommément la Yougoslavie, Wialland se déplacera dans toutes les grandes villes du royaume, en commençant par Belgrade. À chaque étape de son voyage, il peut s’appuyer sur l’aide logistique et l’enthousiasme de l’organisation Soko (faucon en serbo-croate), organisation publique aux règles très strictes chargée d’encadrer les pratiques sportives. C’est elle qui fournit les premiers équipements, se débrouille pour trouver des terrains plus ou moins praticables, organise les séminaires de formation avec les professeurs d’éducation physique, se débrouille pour faire imprimer les règles du jeu, convoque les linguistes pour rebaptiser le jeu « košarska », et organise le premier championnat de basket officiel en Yougoslavie. D’après les archives, la première fédération yougoslave de basket-ball est officiellement affiliée à la FIBA en 1937.

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Une semaine de sport entre succès et infortunes

Bonjour à tous,

On avait laissé le sport balkanique avec un match héroïque du KK Partizan Belgrade en demi-finale de l’Euroleague, la victoire du FK Partizan Belgrade dans le derby de Belgrade en Superliga, un abandon sur blessure de Novak Djoković dans son propre tournoi ATP de Belgrade, et un retour intéressant au premier plan de Jelena Janković, finaliste à Rome. La fin des compétitions approchant, la semaine écoulée a une nouvelle fois été riche en actualité sportive pour les Balkans.

Que ce soit le Partizan Belgrade en football et water polo, les handballeuses roumaines CS Oltchim Valcea, la jeune judokate kosovare Majlinda Kelmendi ou encore Jelena Jankovic, la semaine des clubs et sportifs balkanique a été chargée et plutôt fructueuse.

Voici des images des deux demi-finales du Final Four de water polo qui ont opposé le Partizan aux Italiens du Pro Recco de Gênes (ici), et les Monténégrins du Primorac Kotor, tenants du titre, contre le Jug Croatia de Dubrovnik (ici). En finale, Pro Recco s’imposera 9-3 contre Primorac.

En handball féminin, Gorica Acimovic et Bojana Popovic ont remporté la Ligue des Champions avec le club danois de Viborg, contre les Roumaines de Valcea, malgré un match retour au panache de Valcea et un public survolté, comme on peut le voir sur cette vidéo de la fin du match.

Quant à Majlinda Kelmendi, à tout juste 18 ans, elle a battu avec la manière l’Espagnole Carrascosa, ancienne championne d’Europe, dans la finale du Grand Prix de Tunis de judo, et remporté la première médaille d’or du Kosovo. Comme on peut le voir sur cette vidéo de la finale, Kelmendi ne concourt pas pour l’Albanie ni pour le Kosovo, mais avec l’acronyme IJF dans son dos, c’est-à-dire International Judo Federation.

Pour le reste, je vous renvoie à cet article publié aujourd’hui dans le Courrier des Balkans.

Le jour J pour le Partizan Belgrade

Bonjour à tous,

Dans quelques heures, le Partizan Belgrade a rendez-vous avec son destin au Palais Omnisport de Paris Bercy.

Avant de suivre cette demi-finale à 21h, je me suis dit que ces quelques images nous mettraient dans l’ambiance.

Voici donc le bouillant public belgradois contre le Makabi, le meilleur du monde dans une salle de basket! Et puis le parcours du Partizan jusqu’au Final Four.

Enfin, je vous renvoie à l’article que j’ai écrit pour le Courrier des Balkans sur le sujet.

Bon match et Napred Partizan!!

Le Partizan Belgrade aux portes d’un second exploit en 10 jours

Bonjour à tous,

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Partizan Belgrade réalise une saison exceptionnelle sur la scène européenne du basketball.

Il y a quelques jours, ils ont remporté la Ligue Adriatique, championnat régional regroupant les équipes de Yougoslavie, sur un shoot stratosphérique de Dusan Kecman alors qu’il restait 6 dixièmes de secondes à jouer!!!

Une vidéo qui a fait le tour du monde, et où les commentateurs croates se demandent encore ce qui s’est passé.

Avant le Final Four de l’Euroleague qui aura lieu ce week end à Paris, voici aussi des extraits de l’interview du coach du Partizan, Dusko Vujosevic. ( retrouver la version originale ici)

Comment avez-vous commencé le basketball?

« Comme tous les enfants de ma génération, je suis tombé amoureux de ce sport après les championnats du monde de 1970 à Ljubljana, quand la Yougoslavie est devenue championne du monde pour la première fois. J’avais 11 ans, et j’ai immédiatement commencé à jouer après ça. Je m’entraînais au Partizan, mais au bout de trois ans, le club a estimé que je n’étais pas assez bon. Ce fut un jour terrible pour moi, mais au fond de moi, je savais que je n’avais pas les qualités nécessaires pour faire une grande carrière de joueur. Je me suis alors promis de revenir au club un jour.

Comme entraîneur?

Je ne le savais pas à cette époque, mais mon amour pour le basket et pour le Partizan ont fini par me ramener ici.

Comment votre carrière s’est-elle développée à partir de là?

J’étais lycéen et, pour rendre service, j’ai accepté d’entraîner une équipe de gamins dans une école. L’équipe a gagné le tournoi municipal. Après ça, mes anciens entraîneurs au Partizan, Ranko Gerdijan et Igor Huseinspahic, ont été impressionnés et m’ont offert de rejoindre le staff du Partizan. Au début, j’étais troisième assistant chez les jeunes du Partizan.

Quand est-il devenu clair pour vous que le basket, outre une passion, allait devenir votre métier?

Je l’ai su très vite, mais ce fut plus difficile pour mes parents, qui attendaient quelque chose de plus « sérieux ». C’est pour ça que je suis allé à la faculté de droit, mais mon esprit était tout entier dédié au basketball.

Revenons sur cette incroyable victoire en Ligue Adriatique contre le Cibona Zagreb. Vous n’aviez jamais été dans un tel état après un titre…

D’habitude, je suis plutôt calme, mais ce shoot de Kecman, cette victoire à Zagreb, ce scénario, c’était incroyable. C’était un torrent d’émotions comme j’en ai rarement connues dans la carrière.

Vous sentez-vous comme Sisyphe? Au début de chaque saison, vous perdez vos meilleurs éléments, et vous devez tout recommencer depuis le début…

C’est vrai que tous les ans, on nous prend nos meilleurs joueurs, mais ce n’est pas grave. C’est mon challenge de trouver et de former de nouveaux jeunes pour maintenir le Partizan parmi les meilleurs clubs d’Europe. J’adore ce que je fais. Je ne suis jamais aussi heureux que lorsque je vois progresser un jeune joueur et devenir un grand joueur. C’est ma récompense. Mais, les joueurs sont des personnes difficiles et sont souvent mal entourées. Leurs familles, petites amies, agents, tout le monde essaie de les entraîner dans la mauvaise direction, celle de l’égoïsme et de l’argent à tout prix. C’est mon travail de les dissuader d’emprunter cette voie, et de leur apprendre comment travailler comme un simple membre d’un collectif. L’équipe doit toujours primer sur les intérêts et les égos des uns et des autres.

Avoir atteint le Final Four avec le Partizan est-il le sommet de votre carrière?

J’espère que non. Quand vous atteignez un sommet, vous ne pouvez que redescendre, et la chute peut être rude.

Si vous deviez composer une dream team avec les joueurs que vous avez eus sous vos ordres, qui prendriez-vous?

C’est difficile, mais au moins, je dirais Vlade Divac, Zark oPaspalj, Predrag Danilovic, Goran Grbovic et Aleksandar Djordjevic ».