Mondial de basket: grosse présence balkanique et espoirs de médailles en Turquie

Samedi 28 août s’ouvrent les championnats du monde de basketball en Turquie. Souvent snobée par la NBA pour son manque d’attractivité, cette édition ne fait pas exception,et la liste des absents est pour le moins impressionnante, dans toutes les délégations.

Nowitzki et Kaman pour l’Allemagne, Gasol et Calderon pour l’Espagne championne du monde en titre, Kirilenko et Holden pour la Russie, Parker et Noah pour la France, Ilgauskas, Petravicius et Siskauskas pour la Lituanie, Ginobili pour l’Argentine, sans oublier Jao Ming pour la Chine, ainsi que tous les champions olympiques 2008 américains. N’en jetez plus!

Dès lors, difficile de dégager un favori naturel dans ce contexte, toutes les équipes avancent masquées, et beaucoup de sélections ont des raisons d’être optimistes, en particulier dans la région balkanique, très bien représentée avec la Serbie, la Croatie, la Slovénie, la Grèce et la Turquie, pays hôte.

Cette dernière devrait voir sa motivation démultipliée par le fait de jouer à domicile. Emmenée par ses deux joyaux Hidayet Turkoglu et Esan Ilyasova, les Turcs, 18e au classement FIBA, attendent et préparent ce rendez-vous depuis 2004. Toute leur stratégie a été conçue pour avoir une équipe au top en 2010, depuis le choix du coach, le Serbe Bogdan Tanjevic, jusqu’aux équipes qui ont joué les Eurobasket de 2005, 2007 et 2009.

Turkoglü devra guider son équipe, soutenu par tout un peuple

Si elle apparaît affaiblie par l’absence d’ailiers shooteurs de haut niveau, et par l’absence de Mehmet Okur de Utah Jazz, de Kerem Gönlüm suspendu pour dopage, et de l’étoile montante Ömer Aşık, cette équipe de Turquie pourra compter sur son public chaud bouillant pour la pousser à se surpasser, comme en 2001, lors de sa victoire à l’Eurobasket qu’elle avait organisée à l’époque.

Il faudra répondre présent dès le 2e jour de la compétition pour affronter la Russie dans un groupe C qui compte également la Chine, Porto Rico et la Grèce.

La Grèce parlons-en justement! Voilà 4 ans que les Grecs n’ont toujours pas digéré leur défaite contre l’Espagne en finale des Mondiaux, après avoir sorti le match de leur vie en demi-finale contre les Etats-Unis de LeBron James (101-95). Voile 4 ans que Diamantidis, Schortsanitis, Spanoulis (Papaloukas n’est pas dans le groupe), rêvent de prendre leur revanche et de remporter ce titre mondial.

Pour cela, la Grèce, où le basket est le sport roi avec le football, peut compter sur deux atouts majeurs. D’abord, un championnat de très haut niveau, qui lui permet de conserver ses joueurs, et de les confronter aux meilleurs basketteurs du monde, NBA exceptée. Ainsi, neuf des douze joueurs retenus évoluent soit au Panathinaikos, vainqueur de l’Euroligue 2009, soit à l’Olympiakos, finaliste 2010, une garantie de cohésion et de qualité, et d’un réservoir de joueur sans cesse renouvelé (champion d’Europe des moins de 18 ans et moins de 20 ans, vice-champions du monde des moins de 19 ans, rien qu’en 2009).

Ensuite, les Grecs s’en remettent à leur coach, l’expérimenté Lituanien Jonas Kazlauskas. Ancien coach de l’Olympiakos, Kazlauskas reste sur une très encourageante médaille de bronze obtenue à l’Euro l’année dernière, avec six joueurs inexpérimentés sur douze, et sans ses stars Papaloukas, Diamantidis et Tsartsaris. De bonne augure pour ce Mondial, où seule la victoire comptera pour la Grèce.

Le coach Jonas Kazlauskas n'a pas le droit à l'erreur cette année

Les choses sont différentes en ce qui concerne la Serbie. Vice-championne d’Europe surprise l’année dernière avec une équipe jeune et inexpérimentée, la Serbie a bien failli ne pas pouvoir participer à ce Mondial, la faute à une dette de 15.000 euros que la fédération de Serbie n’avait pas réglée à la FIBA, ce qui autorisait cette dernière à exclure les Serbes de toute compétition. Une fois la menace rendue publique, la fédération a mis les choses en ordre.

Disparus de la circulation après leur titre mondial de 2002 (époque RFY), les Serbes ont fait appel au magicien Dusan Ivkovic, champion du monde en 1990 avec la défunte Yougoslavie, pour ramener de l’ordre dans le basket serbe.

Dusan Ivkovic, le faiseur de miracle serbe

Autour de Nenad Krstic et Dusan Kecman notamment, Ivkovic a reconstruit une nouvelle équipe, en incorporant de jeunes joueurs très prometteurs dont la Serbie a le secret, comme Milos Teodosic ou Milenko Tepic, dont le talent a éclaboussé l’Euro 2009, et qui brillent désormais en Grèce. Tepic, ce sont trois médailles d’or en quatre ans avec les différentes équipes de jeunes serbes, signe de la vitalité d’un basket qui fonctionne pourtant avec des bouts de ficelle, mais qui a conservé un savoir-faire incomparable (lire par ailleurs l’origine du modèle yougoslave de basketball).

Milos Teodosic, le nouveau crack serbe

Avec cinq joueurs sur douze évoluant en Serbie (deux à Hemofarm, deux à l’Étoile Rouge et un au Partizan), et une moyenne d’âge de 24 ans, Ivkovic fait une nouvelle fois la part belle à l’enthousiasme et aux automatismes que ses joueurs ont développés depuis trois saisons.

Seul joueur NBA de l’équipe et plus âgé du groupe, Nenad Krstic, 27 ans, garde pourtant les pieds sur terre. « Nous venons ici sans aucune pression car nous sommes déjà qualifiés pour l’Euro 2011. Notre objectif, ce sont les JO de Londres, donc nous jouerons ici match après match mais nous n’avons pas d’obligation de résultat particulière(…).

Nenad Krstic devra conduire son équipe au sommet

Les choses ont changé, il y a 10 ans, il y avait des joueurs monténégrins avec nous, et plus loin encore, la Yougoslavie était une équipe de niveau mondial. Maintenant, nous sommes la Serbie, nous sommes un pays jeune qui doit compter sur ses propres forces, nous avons un nouvel hymne et un nouveau drapeau à défendre, nous en sommes très fiers, et nous nous battrons à chaque match. Nous avons la chance de travailler avec le coach Ivkovic qui est une légende, et avec lequel on apprend quelque chose tous les jours. Il sait nous rendre meilleur et nous pousser au maximum de nos possibilités » a conclu le joueur d’Oklahoma City.

Dans un groupe relevé où figurent également l’Argentine, l’Allemagne et l’Australie du joueur du Partizan d’origine serbe Aleks Maric, les Serbes auront fort à faire dès le premier tour, mais une place sur le podium reste envisageable, à condition de ne pas trop pâtir des suspensions pour trois t deux matchs de Nenad Krstic et Milos Teodosic suite à une bagarre contre les Grecs (voir la vidéo).

La Croatie est-elle de retour sur la planète basket? Après avoir mis plus d’une décennie à se remettre de la disparition tragique de Drazen Petrovic, (avec même une absence totale de podium, y compris chez les jeunes, de toutes les compétitions internationales entre 2002 et 2008), la jeune génération croate, majoritairement issue du berceau du basket en Croatie, la Dalmatie, semble sur le point de renaître de ses cendres, si l’on se fit aux belles places d’honneur obtenues aux JO de Pékin, et à l’Euro 2009.

Sans star NBA, mais avec des joueurs évoluant dans les grands clubs européens comme Ante Tomic (Real Madrid), Roko Ukic (Fenerbahçe), Zoran Planinic (CSKA Moscou), Marko Banic (Bilbao), les Croates ont montré de très belles choses lors de leurs matchs de préparation, notamment contre l’Italie, battue deux fois. Pour le jeune (42 ans) coach croate Josip Vrankovic, il s’agit de ne pas se laisser griser par cette euphorie et de garder l’état d’esprit conquérant, et le jeu rapide que les Croates ont montré lors de leur préparation.

Roko-Leni Ukic, symbole du basket croate renaissant

Avec un premier match contre les Etats-Unis, puis des confrontations contre le Brésil et la Slovénie, les Croates n’auront pas le droit à l’erreur s’ils veulent renouer avec leur glorieux passé.

Enfin, comment ne pas dire un mot des surprenants Slovènes? 20e au classement FIBA, les Slovènes ont surpris tout le monde l’année dernière en prenant une très belle 4e place à l’Euro, éliminant au passage la Croatie, et ne craquant qu’en toute fin de match contre la Serbie. Pas mal pour un pays d’à peine 2 millions d’habitants dont le sport national est le ski.

Seulement, cette fois, ils devront faire sans les frères Lorbek, ni Matjaz Smodis, si précieux l’année dernière. Le coach Mehmet Becirovic pourra toutefois s’appuyer sur le vainqueur de l’Euroligue avec Barcelone Jaka Lakovic, Bostjan Nachbar, ses deux joueurs NBA Goran Dragic (Phoenix Suns) et Primoz Brezec (Milwaukee Bucks, 2,16m), sans oublier le vieux grognard Goran Jagodnik, et les nouveaux géants Gasper Vidmar et Hasan Rivzic (2,10m et 2,12m) sur le banc.

Jaka Lakovic pourra-t-il mener les siens vers un nouvel exploit?

Malgré le coup de sang de Beno Udrih, qui a claqué la porte de l’équipe, les Slovènes restent une équipe très familiale avec son frère Samo Udrih, Zoran Dragic, frère de Goran, et même le propre fils du coach, Sani Becirovic. Un esprit collectif pour créer l’exploit une fois de plus? Il faudra au moins ça pour sortir d’un groupe composé de la Croatie, des Etats-Unis et du Brésil.

La Grèce et la Serbie sont les deux meilleures chances de médaille des Balkans. Mais la Turquie à domicile, la Croatie de retour peuvent déjouer les pronostics, tout comme la Slovénie pour qui un quart de finaleserait déjà une très belle performance. Début de réponse avec les premiers matchs Grèce-Chine, Tunisie-Slovénie, Etats-Unis-Croatie, Angola-Serbie et et Côte d’Ivoire-Turquie.

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