Blanka Vlasic, une athlète en or

Fille de sportifs de haut niveau originaires de Split, Blanka doit d’ailleurs son prénom à la ville de Casablanca, où son père brilla jadis aux Jeux méditerranéens, dans l’épreuve du décathlon. Quand elle était enfant, elle préférait suivre son père sur les pistes plutôt que de jouer au basket, malgré sa taille. Sa taille justement, et son gabarit, l’ont rapidement orientée vers le saut en hauteur, où elle pouvait alors tirer un maximum de potentiel de son corps.

Entraînée par son père, Blanka entame une progression linéaire chez les juniors, se qualifie même pour les JO de Sidney en 2000 à l’âge de 16 ans, avant de venir truster les podiums internationaux à partir de 2004. Vouant un amour infini à sa ville de Split (« Je n’aime pas quitter ma ville, parce que je n’ai personne à qui expliquer ce que je quitte. Après les compétitions, je fais mes bagages avec joie, et je dors tout de suite pour que le matin arrive très vite. A chaque fois que je vois Split par le hublot de l’avion, je ressens une grande euphorie car ma vie est ici. Quand je reviens, je ne veux plus jamais partir, et je ressens de l’anxiété à cause de cela avant chaque départ pour un championnat. Mais même si je dois partir, je sais qu’un jour je reviendrai, pour toujours, car Split est tout ce que j’aime, et tout ce pourquoi je vis », écrit-elle sur son site), c’est pourtant à Zagreb que Blanka a, pour la première fois, effacé la barre des 2 mètres, en 2003.

Lancée dans une carrière prometteuse, Blanka est stoppée net en 2005 lorsqu’après des coups de fatigue répétés et de moindres performances, on lui diagnostique une hyperthyroïdie, maladie fréquente chez les jeunes femmes à Split, et dont l’augmentation en nombre est attribuée par certains aux bombardements serbes pendant la guerre. Grâce à une opération chirurgicale, Vlašić a pu revenir à la compétition dès 2006, mais c’est à partir de 2007 qu’elle écrase tout sur son passage, avec des sauts allant jusqu’à 2,05m, et même 2,08m lors d’un meeting à Zagreb en août 2009, soit la deuxième meilleure performance de tous les temps derrière le record du monde détenu depuis 1987 par la Bulgare Stefka Kostadinova, avec en vue, un saut à 2,10m.

Championne du monde en 2007 et 2009, son seul semi-échec reste finalement cette médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Pékin, derrière la Belge Tia Hellebaut. Cette dernière, qui avait mis sa carrière entre parenthèse après son sacre pour devenir maman, signait son retour à la compétition cette année. Un retour marqué par une polémique avec Vlašić puisque la belle Croate a accusé les organisateurs du meeting de Madrid du 2 juillet dernier, d’avoir rejeté sa présence, sur demande de Hellebaut, afin que cette dernière puisse revenir en douceur, sans avoir à se mesurer à sa rivale.

Quoi qu’il en soit, avec ce retour tardif à la compétition, Hellebaut n’était pas l’adversaire numéro 1 de Vlašić pour le titre. Sa grande rivale s’appelait en fait Ariane Friedrich, l’excentrique Allemande au tigre tatoué dans le dos, qui démarrait le concours avec une facilité déconcertante, passant successivement 1,92m ; 1,95m et 1,99m lors de son premier essai. De son côté, Blanka paraissait nerveuse, et devait s’y reprendre à deux reprises pour effacer 1,95m et 1,97m. Ses sauts n’étaient pas techniquement au point et l’on commençait à s’inquiéter pour la belle dalmate. Mais Blanka a du caractère, et possède cette faculté que seuls les grands champions ont, de pouvoir élever leur niveau à mesure que les difficultés vont croissant.

Alors qu’avec ses concurrentes Friedrich et la Suédoise Green, elles étaient assurées de finir sur le podium, c’est la barre des 2,01m qui se profilait. Friedrich passait à la troisième tentative, tandis que Green pulvérisait son record personnel en franchissant la barre lors de sa seconde tentative. Vlašić prenait alors l’ascendant psychologique sur ses rivales en effaçant la barre dès sa première tentative, haranguant la foule de rage, au lieu de nous offrir sa traditionnelle danse.

Cette fois, la barre était à 2,03m, un défi impossible pour Green, et une pression trop lourde pour Friedrich qui manquait ses sauts. Vlašić, elle, gérait très bien son corps. Elle passait la barre à la deuxième tentative, et devenait championne d’Europe après les échecs de ses adversaires. Pour la gloire, elle s’essayait à 2,05, sans succès, mais un doux échec pour Blanka qui retrouvait enfin le sourire qu’on lui connaît.

Avec ces deux titres européens, la Croatie a fait fort et se classe à la 10e place au tableau des médailles, une excellente performance. Les Roumains, eux, avec une délégation de 33 athlètes, n’ont pu faire mieux que deux médailles d’argent, celle de Nicoleta Grasu au lancer du disque, et de Marian Oprea au triple saut. Quant à Vania Stambolova, elle sauve l’honneur de la Bulgarie avec une belle médaille d’argent au 400 mètres haies. Déception en revanche pour le Serbe Mihail Dudaš, qui termine 4e du décathlon, et pour l’ensemble de la très nombreuse délégation slovène (33 athlètes) qui repart bredouille en l’absence de Primož Kozmus, champion du monde et champion olympique du marteau, qui a mis sa carrière entre parenthèses l’année dernière. En effet, Martina Ratej a fini 6e au concours du javelot, quant à la légende Merlene Ottey, 50 ans, sa participation au relai du 4×100 mètres slovène n’a pas empêché une élimination en demi-finale.

Retrouvez l’intégralité de cet article dans Le Courrier des Balkans

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