Coupe du monde 2010: mais qui est Milovan Rajevac?

Ivic, Blazevic, Osim, Halilhodzic, Antic, Milutinovic, Bazdarevic etc., les techniciens yougoslaves de renommée internationale ne manquent pas.

A ceux-là, très connus, il faut désormais ajouter Milovan Rajevac, sélectionneur du Ghana depuis 2008, à la suite de son compatriote Ratomir Dujkovic, qui avait emmené les Black Stars à leur premier Mondial il y a quatre ans.

Rajevac n’est pas rancunier, et pourtant il pourrait vu ce qu’il a pris par la presse locale au moment de sa nomination.

A leur décharge, les médias ghanéens avaient bien le droit de se demander qui était ce type sorti tout droit du… Borac Cacak. Même en Serbie, le club de la ville du truculent Velija Ilic n’est pas franchement ce qu’on pourrait appeler un club qui compte. Sur le banc, il a aussi eu en main récemment le Vojvodina Novi Sad, un club qui monte gentiment en puissance dans l’ombre des deux géants de Belgrade, mais qui sort quelques jeunes, comme Milan Jovanovic, Milos Krasic, ou dernièrement Danijel Aleksic, crack de 18 ans parti au Genoa, ou Mrdja, attaquant, qui figurait dans les 23 Serbes au Mondial. Rajevac emmène le club à la défunte coupe UEFA et se voit décerné le titre de meilleur entraîneur de Serbie en 2007.

Bon, c’est mieux que rien, mais ce n’est quand même pas loin de pas grand chose. De son propre aveu, il doit autant le job à ses compétences qu’au fait d’être serbe (oui être Serbe est parfois un atout), puisque la fédération ghanéenne recherchait en priorité un technicien serbe après la bonne expérience Dujkovic.

Aux critiques, Rajevac a préféré répondre par les résultats. Avec une finale de CAN, perdue avec une cascade de blessés importants, et une tripotée de jeunes champions du monde des moins de 20 ans dont André Ayew, le fils de la légende Abédi Pelé, Rajevac a montré les bases du groupe qui serait le sien en Afrique du Sud, un mélange de joueurs confirmés et de jeunes insouciants prêts à casser la baraque, qui s’appellent indifféremment Mensah, Mensah, ou encore Mensah.

Malgré son potentiel intrinsèque indéniable, on ne donnait pas le Ghana comme la meilleure chance africaine de la compéittion, tant par leur groupe, relevé avec l’Allemagne et la Serbie, que par l’absence du capitaine et âme de l’équipe, Michael Essien.

Pire encore, non seulement le Ghana est privé d’Essien, mais en plus Rajevac a décidé de se passer de Sulley Muntari, le joueur de l’Inter, non sans provoquer la colère de celui-ci. Seulement, Rajevac n’est pas Domenech, il a l’autorité, la légitimité, et les résultats pour imposer ses choix. Ceux d’une équipe très disciplinée, bien appuyée sur ses bases arrières, qui profite de la vitesse de ses joueurs de couloirs (Ayew, Inkoom, excellente trouvaille contre les USA) et de l’opportunisme de Gyan devant pour marquer un petit but, qui doit être suffisant pour la victoire.  Stephan Appiah, un revenant, ne s’y trompe pas qur les qualités de son coach:

« Tactiquement, notre sélectionneur est très intelligent. Il passe son temps à analyser des vidéos de l’équipe adverse. Dans certains matches, on a pu constater que la moindre petite erreur pouvait suffire à vous faire encaisser un but et à vous éliminer d’un tournoi. C’est pourquoi il n’arrête pas de nous répéter que nous devons rester très vigilants dans notre manière de défendre et que nous devons nous projeter vers l’avant si nous en avons la possibilité. Cette stratégie est payante. Comme vous pouvez le voir, nous avons inscrit un but dans chacun de nos matches et cela a fonctionné ! »

Voilà comment le Ghana n’a pas vraiment été inquiété par une Serbie très timide, comment elle a bien résisté à l’Allemagne, et comment elle a répondu au défi physique des Américains, pour se hisser en quarts de finale du Mondial, une première pour une sélection africaine depuis 1990.

Face à l’Uruguay, le scénario du match est déjà écrit à l’avance entre deux équipes qui prennent très peu de but. On imagine assez bien soit un 0-0 tout pourri façon Paraguay-Japon, soit un match où l’équipe qui ouvrira le score le clôturera par la même occasion pour une courte mais précieuse victoire 1-0. A charge pour le très bon Kingson, le troisième gardien de Wigan (excusez du peu) et sa défense de contenir les assauts de Suarez, Forlan et Cavani. En face, Gyan devra faire preuve de réalisme. Derrière eux, les Black Stars pourront compter sur le soutien de toute l’Afrique, ainsi que sur tous les Serbes, trop heureux de reporter leurs espoirs sur un compatriote après la décevante élimination des Beli Orlovi.

Avant le Mondial, Rajevac avait fait rire beaucoup de monde en déclarant: « Si les joueurs font ce que je leur demande, s’ils respectent les consignes, nous ne partirons pas à la Coupe du monde simplement pour participer mais pour faire quelque chose de grand ».

Alors, Milovan Rajevac, plus fort que Nostradamus et Paco Rabanne? Réponse ce soir à 23H.

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