Le procès Taton dans l’impasse

Les parents de Brice Taton attendaient beaucoup de l’audience de lundi où deux témoins serbes devaient venir déposer. L’un d’eux est cependant toujours introuvable comme il y a deux mois, quant à l’autre, témoin protégé sous le nom de A2, il a sensiblement révisé sa version par rapport à ce qu’il avait déclaré à la police.

Depuis son box protégé. A2 ne se souvient plus de rien, bredouille. Lorsque les accusés se lèvent, il n’en reconnait aucun. Il est vrai que sur la trentaine de participants supposés à la bagarre, seuls 13 sont présents sur le banc des accusés, tandis que deux autres sont en fuite.  En tout cas, c’est un nouveau coup dur pour l’accusation qui comptait sur ce témoin pour identifier les accusés. La présidente se fâche, elle se met à lire la déposition qu’A2 avait fait à la police.

Dans celle-ci, il disait être capable d’identifier une des deux personnes qu’il avait vue prendre part à la bagarre, un jeune homme de près de deux mètres, portant des vêtements noirs, qu’il avait déjà vu au stade et à la télévision, dans l’émission Insajder de la chaîne B92 qui avait été consacrée aux hooligans et à la criminalité.

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Milos Teodosic pour remplacer Tony Parker?

Le temps passe vite en NBA. Entre l’âge et les blessures, les Spurs de San Antonio cherchent à trouver un successeur au meneur français Tony Parker.

Le choix des Texans pourrait se porter sur le meneur serbe de l’Olympiakos Milos Teodosic, royal depuis deux ans, que ce soit avec le club grec ou avec la sélection serbe, qu’il a porté dans le dernier carré lors des derniers championnats d’Europe 2009 et du monde 2010 en Turquie en août dernier.

Claudio Kripa, scout des Spurs, s’est déplacé en personne cette semaine en Grèce, afin d’assister à la rencontre d’Euroligue entre l’Olympiakos et le Real Madrid. Une rencontre facilement remportée par les Grecs, 82-66, avec 15 points et 7 passes de Teodosic, sous les yeux ravis de Kripa.

Malgré son contrat courant jusqu’en 2012, Teodosic pourrait donc rejoindre la NBA très prochainement. Restera alors à savoir s’il restera disponible pour sa sélection, où si l’on en profitera côté serbe pour lancer de nouveaux jeunes.

Le derby de Belgrade sous haute surveillance

Le 139e derby de Belgrade s’est finalement tenu sans aucun incident majeur cet après-midi au stade Marakana. Avec un dispositif de 6000 policiers éparpillés dans toute la ville, le dispositif de sécurité avait été préparé contre toute tentative de débordement de la part des hooligans.

Il est vrai que les supporters du Partizan, outre la rivalité viscérale qui les oppose à ceux de Zvezda,  en veulent à ces derniers de s’en être pris à leur gardien de but Vladimir Stojkovic à Gênes lors de ce trop fameux non-match. A propos, la mère de Ivan Bogdanov a dit que son fils était le fils le plus doux et gentil du monde. Comme quoi…

Comme souvent ces dernières années, on a donc assisté à un match pauvre en qualité, mais avec quelques occasions, avec un but d’entrée du petit portugais Moreira sur une boulette du défenseur, puis un poteau partout, et puis c’est tout. Avec cette victoire sur terrain adverse, comme l’année dernière, le Partizan revient en tête du classement à égalité avec Zvezda (voir la vidéo du résumé).

Finalement, il a fallu attendre la fin du match pour assister à la seule scène intéressante du match, avec le sprint de Vladimir Stojkovic vers le virage Sud, celui des Grobaris, où il a exhibé un T-shirt sur lequelétait écrit « pardonnez-moi pour mon immonde passé« . Une déclaration « à la Fiorèse » comme diraient les supporters parisiens, qui n’a pas manqué de provoquer la colère des Delije qui ont tenté de lui lancer des sièges lorsque Stojkovic regagnait les vestiaires par le tunnel.

provocation ultime pour Stojkovic en fin de match (Blic)

Au final cependant, aucun incident, c’est même d’après les urgentistes le derby le plus calme de ces 20 dernières années en terme d’interventions.

Retrouvez le cahier sport du Courrier des Balkans, recueil d’articles sur l’histoire tourmentée du sport balkanique.

Italie-Serbie: le leader des hools arrêté, 19 autres arrestations en Serbie

Après une nuit de violence suite à la non-rencontre, 17 « supporters » serbes ont été arrêtés par les carabiniers, parmi lesquels le leader de la tifoseria, dont la photo, couvert de son passe-montagne, a fait le tour du monde.

 

A la Une de La Repubblica ce matin "La Serbie s'excuse: c'est une honte"

 

Ivan Bogdanov, déjà surnommé Ivan le Terrible par Tuttosport, a été retrouvé dans la soute à bagage du dernier car de supporters prêt à partir pour Belgrade, vers 4 heures du matin. Trahi par ses tatouages, notamment un 1389 sur le bras, le colosse a été interpellé puis menotté avant d’être emmené par les forces de l’ordre.

« Nous avons évité un autre Heysel » indiquait cette nuit un des responsables de la sécurité italien.

D’après les médias serbe, Bogdanov, surnommé Ica, serait l’un des leaders du groupe Ultras Boys de l’Etoile Rouge de Belgrade, un des 14 groupes dont l’ancien procureur Slobodan Radovanovic avait demandé la dissolution devant la Cour Constitutionnelle. Une preuve de plus, s’il en fallait, que Bogdanov était probablement connu des autorités serbes, comme la plupart des leaders des tifoserie. Le ministre de l’intérieur serbe Ivica Dacic a d’ailleurs reconnu jeudi matin à la radio que 169 hooligans connus des services de police serbes se trouvaient parmi les gens présents à Gênes, un chiffre invraisemblable qui pose la question de la responsabilité des autorités et de la fédération serbe.

 

(Blic)

 

C’est d’ailleurs cette question qui faisait le plus parler ce mercredi matin. Le maire de Gènes, Marta Vincenzi, demande ainsi comment tous ces gens, probablement connus des autorités serbes, ont pu se déplacer tranquillement jusqu’en Italie avec des billets pour le match. « Une bande de fous ne peut pas venir et détruire une partie de la ville, ce n’est pas possible, il y a eu des défaillances dans l’identification de ces délinquants. Quelques heures avant le match, ils étaient déjà dans les rues de la ville, ivres, détruisant des vitrines, des murs  de bâtiments anciens. Lorsque j’ai demandé aux forces de l’ordre de faire quelque chose, ils m’ont dit que des agents étaient là et les surveillaient, mais qu’ils étaient incontrôlables, et qu’ils devaient faire en sorte que tout cela ne se termine pas en tragédie. On a donc suivi une ligne molle pour éviter les dégâts » a déploré Me Vincenzi.

De son côté, le président de la fédération serbe de football, Tomislav Karadzic, a exprimé sa conviction que ces hooligans étaient venus en Italie avec un plan, et l’ambition claire de créer des incidents et de faire annuler la rencontre, ce dont témoignent les dizaines de fusées retrouvées dans des sacs dans les cars de supporters. « Le car des joueurs serbes a dû être protégé avec des pistolets par les carabiniers contre nos propres supporters, c’est désolant » a ajouté Karadzic, faisant référence à une fusée lancée contre le car à destination du gardien Vladimir Stojkovic, considéré comme un traitre par les supporters de l’Etoile Rouge de Belgrade, pour être passé du côté du Partizan cet été. Ce dernier a d’ailleurs demandé à ne pas jouer le match après cet incident, et n’est même pas rentré sur le terrain.

On ne peut s’empêcher de penser que ces incidents sont liés à la gay pride, qui s’est tenue à Belgrade ce dimanche avec de nombreux incidents, mais aussi à la prochaine réunion de l’Union Européenne le 25 octobre, qui doit se prononcer sur le statut de candidat de la Serbie à l’adhésion à l’UE. La mouvance d’extrême droite, ultra-nationaliste, anti-parlementaire, structurée en particulier autour des tifosirie de football, aura donc une fois de plus envoyé un message non seulement à son propre Etat, mais aussi aux yeux de l’Europe entière. Un problème dont se fait l’écho le livre édité par le Courrier des Balkans sur l’histoire du sport balkanique, qui accorde une large part à la question du hooliganisme.

La presse serbe annonçait d’ailleurs ce matin, relayant le vice Premier ministre Bozidar Delic, un renforcement de la lutte contre les groupes extrémistes, et une enquête sur le financement du mouvement Obraz, fer de lance de la violence d’extrême droite en Serbie, bien au-delà des terrains de football.

« C’est l’une des journées les plus sombres de l’histoire du football serbe et les répercussions seront probablement si dures qu’on peut considérer que c’en est fini de notre campagne de qualification pour l’Euro 2012« , a déclaré l’ancien international serbe Savo Milosevic à la chaîne de télévision de Belgrade B92. « Le gouvernement s’est totalement désintéressé du sport et de ses problèmes ces vingt dernières années si bien que maintenant, la Serbie paie le prix fort pour n’avoir pas su enrayer le hooliganisme de façon rapide et définitive« , a-t-il ajouté. A ses yeux, « le problème va, bien sûr, au-delà du football et le fait que ces jeunes gens provoquent le chaos où qu’ils aillent est la conséquence et non la cause du problème. »

Ce matin, en Serbie, c’est la tristesse et la honte qui prédominent. Les larmes du capitaine Dejan Stankovic font le tour des télévisions, et les excuses de l’ambassadeur de Serbie en Italie, Sanda Raskovic-Ivic, passent en boucle à la télévision italienne. « Ces criminels ne représentent pas le peuple serbe a-t-elle déclaré. Je veux dire au nom du peuple serbe que je suis désolée de ce qui s’est produit, et que nous avons honte de ce qui s’est passé« .

Pour revenir au sportif, l’Italie gagnera très vraisemblablement ce match 3-0 sur tapis vert. Quant aux sanctions, l’UEFA a indiqué qu’elle se prononcerait lorsque le rapport de son délégué lui serait remis après enquête, c’est-à-dire vers le 28 octobre. On peut néanmoins s’attendre à des sanctions d’une extrême sévérité, allant de matchs disputés à huis clos jusqu’à la disqualification pure et simple de la Serbie de ces éliminatoires. Cela dit, la fédération italienne, responsable de l’organisation du match, risque également des sanctions pour ses manquements. « Au-delà de la responsabilité de ceux qui provoquent l’incident, les règlements de l’UEFA concernent aussi ceux de la Fédération qui organise le match et qui doit garantir la sécurité dans le stade et le déroulement normal de la rencontre« , a expliqué Rob Faulkner, porte-parole de l’UEFA, à l’agence italienne Ansa. Sepp Blatter n’a pas manqué de souligner, depuis Londres, la vétusté des stades italiens comparés aux stades modernes d’Angleterre ou d’Allemagne.

Dans l’hypothèse d’une disqualification, ouvertement évoquée par Michel Platini, il est probable que le capitaine Deja Stankovic, 32 ans, très marqué hier par les évènements, ait joué son dernier match sous les couleurs serbes. Une bien triste fin pour un tel artiste que l’on ne lui souhaite pas. Quant à d’autres cadres tels Vidic, Zigic, Stojkovic, pas sûr qu’ils aient très envie de continuer dans ces conditions.

Quant au derby éternel entre Zvezda et Partizan, qui doit se tenir dans dix jours au Marakana, sa tenue est aujourd’hui remise en cause par Miodrag Jankovic, secrétaire général de la Jelen Superliga, qui pointe la possibilité d’un report devant l’impossibilité d’assurer une parfaite sécurité pour la tenue de l’évènement. Une décision devrait être prise dans les toutes prochaines heures.

Ce jeudi matin, l’agence de presse serbe sportskacentrala annonçait l’arrestation de 19 autres personnes à l’arrivée des premiers cars aux différents postes-frontières de Batrovci, Croatie, et Horgos, Hongrie. Des fouilles minutieuses ont été éffectuées dans tous les cars. Les personnes détenues sont suspectées, d’après les images fournies par la télévision italienne, d’avoir participé aux incidents dans et à l’extérieur du stade.

Euro 2012: les hooligans serbes gâchent la fête à Gênes

Les incidents en marge de la Gay Pride n’avaient pas suffi pour les hooligans serbes. Ce mardi soir, en marge de la rencontre Italie-Serbie, certains des 1300 « supporters » serbes ont une nouvelle fois fait parler d’eux.

En fin d’après-midi, ils ont commencé par caillasser le bus de leurs propres joueurs, menaçant notamment le gardien Vladimir Stojkovic qui n’a pas pu pénétrer sur le terrain et n’avait pas été aligné ce soir à cause de ces menaces.  Dès leur entrée dans le stade, les hooligans serbes ont multiplié les provocations et des fumigènes ont été lancés vers les tifosi italiens. (comment peut-on rentrer dans un stade avec fumigènes et couteaux?)

Dans le virage serbe, des hommes cagoulés coupent les filets de sécurité, des  banderoles à caractère nationaliste font leur apparition, comme les chants sur le Kosovo, tandis que les forces de l’ordre prenaient position sous le virage. Les appels au calme de Dejan Stankovic n’y ont rien changé.

 

La star de la soirée, bonjour tristesse (Ansa/gazzetta)

 

La partie a commencé avec 35 minutes de retard et a duré à peine 7 minutes avant que plusieurs pétards n’explosent tout près du gardien italien Viviano, et que l’arbitre ne décide de suspendre la rencontre. Après plusieurs minutes de discussion entre les gens de la sécurité, les délégués de l’UEFA et les joueurs serbes, l’arbitre de la rencontre a finalement décidé de mettre un terme à la rencontre.

« Je ne pouvais pas rester dans mes buts et avoir un oeil dans le dos pour vérifier qu’on ne me lançait pas de fusée. Je suis désolé pour le football, désolé pour les tifosi, et désolé pour les joueurs serbes » disait fataliste le gardien Viviano en zone mixte.

La mort dans l’âme, les joueurs italiens ont salué le malheureux public avant de rentrer aux vestiaires du stade Luigi Feraris, où trois joueurs de la Sampdoria se produisaient ce soir, et que la rencontre devait être dédiée aux soldats italiens décédés en Afghanistan.

« On ne peut pas jouer ce match » a répété en direct à la télévision Roberto Masucci, le responsable de la sécurité. Et tandis que les tifosi italiens quittaient dans le calme le stade, les caméras de la Rai restaient sur le virage serbe. A l’image, une jeune fille serbe de 15 ans, qui se demande ce qu’il se passe autour d’elle, et qui ne verra pas le match qu’elle était venue voir, par la faute d’une poignée d’irresponsables.

Quatre jours après une honteuse défaite à domicile contre l’Estonie, il semble que les supporters serbes aient décidé de ne pas laisser une seconde chance à leurs joueurs puisque la Serbie perdra probablement cette partie 3-0 sur tapis vert, rendant la qualification pour l’euro hautement hypothétique pour les Serbes.

Quant aux futures sanctions que l’UEFA prendra contre la Serbie, elles s’annoncent extrêmement sévères. « Le football serbe retourne à l’âge des ténèbres » conclue le journal Blic.

Euro 2012: la Serbie sombre, le Monténégro régale, la Bosnie n’avance pas

Pour ses débuts à la tête de la sélection serbe, Vladimir Petrovic Pizon ne s’attendait probablement pas à une telle désillusion. Après un premier match nul concédé à domicile contre la Slovénie le mois dernier pour la dernière sortie de Radomir Antic, les Aigles Blancs de Serbie ont cette fois-ci baissé pavillon au Partizan stadiom contre la très modeste équipe d’Estonie, pourtant atomisée 7-0 l’année dernière en Bosnie-Herzégovine.

Après une première mi-temps stérile, les Serbes pensaient avoir fait le plus dur en ouvrant la marque par Zdravko Kuzmanovic. Las, Kink égalisait quelques instants plus tard pour l’Estonie d’une frappe de loin que sur laquelle Stojkovic n’esquissait pas le moindre geste. Pire encore, alors que les Serbes se ruaient à l’attaque, c’est Vassilijev qui donnait l’avantage aux Estoniens d’un tir de 20 mètres. Malgré pas moins de 10 tirs cadrés, les Serbes ne parvenaient pas à égaliser, et s’énervaient. Et puisqu’il était écrit qu’ils boiraient le calice jusqu’à la lie, Aleksandar Lukovic marquait contre son camp dans les derniers instants suite à une mésentente avec son gardien (voir la vidéo).

 

Les Serbes se sont ridiculisés chez eux contre l'Estonie (Blic)

 

Une soirée très moche pour les Serbes qui se mettent dans une position délicate dans ce groupe C avec seulement 4 points en trois matchs et un déplacement à venir en Italie, qui devra reprendre les points laissés en route à Belfast.

Dans ce même groupe, les Slovènes n’ont fait qu’une bouchée des Iles Féroé avec notamment un triplé de Matavz pour une victoire finale 5-1, et se replacent au milieu du classement.

De leur côté, les Monténégrins de Zlatko Kranjcar volent d’exploit en exploit. Après leur victoire en Bulgarie le mois dernier, c’est la Suisse qui a mordu la poussière ce vendredi soir à Podgorica, malgré la présence du jeune crack Xherdan Shaqiri dans les rangs de la Nati. Une troisième victoire consécutive, 1-0 grâce à la star locale Mirko Vucinic, et les Monténégrins, malgré l’absence du crack Stevan Jovetic, se posent comme le plus sérieux rival de l’Angleterre dans le groupe G avant le match de mardi à Wembley, précisément entre l’Angleterre et le Monténégro.

 

Mirko Vucinic, l'homme à tout faire du Montenegro (Getty images / UEFA)

 

Dans le même groupe, la Bulgarie, définitivement sans Berbatov, mais avec Matthaus sur le banc, s’est rassurée en allant battre le Pays de Galle à Cardiff, grâce à un but de Popov au retour des vestiaires.

Signalons dans le groupe B la victoire sans souci de la Macédoine en Andorre 2-0, qui ne permet malheureusement pas aux coéquipiers de Goran Pandev de décoller dans ce groupe B où trois sélections (Russie, Slovaquie, Irlande) comptent 6 points.

Quant à la Grèce, elle a assuré le service minimum 1-0 contre la Lettonie sans convaincre personne, et se place ainsi en tête du groupe F, en attendant le match de samedi opposant Israël  à la Croatie.

Enfin, dans le groupe de l’équipe de France, pas de vainqueur entre l’Albanie et la Bosnie-Herzégovine malgré la domination des Bosniens, puisque les Albanais, fidèles à leur réputation d’impuissance offensive, n’ont tiré qu’une seule fois au but. Suffisant donc pour conserver la tête du groupe devant le Belarus qui n’a pu faire mieux qu’un minable 0-0 au Luxembourg. Quant à la Bosnie, elle ne se relance pas après sa défaite contre la France, et il faudra être nettement plus efficace offensivement pour s’assurer l’une des deux premières places du groupe. Il suffira donc aux Bleus de l’emporter demain contre la Roumanie pour prendre la tête du groupe.

 

Zvjezdan Misimovic n'a pas suffi pour battre l'Albanie (sportsport.ba)

 

Coupe Davis: Menace sur la Beogradska Arena, quel cirque!

Dimanche dernier, la Serbie s’est qualifiée pour la première finale de Coupe Davis de son histoire. Une victoire inespérée dans la Beogradska Arena, après la première défaite de Viktor Troicki, et celle du double Djokovic-Zimonjic, ce dernier étant pourtant n°3 mondial du double.

Le héros du jour Tipsarevic, porté en triomphe par le clan serbe (AFP/Andrej Isakovic)

Pourtant, porté par un public en fusion, c’est Janko Tipsarevic qui a envoyé les siens en finale, en battant coup sur coup Stepanek et Berdych lors des deux simples, avec une victoire d’un Djokovic épuisé et malade entre-temps. (voir la balle de match de Tipsarevic).

On commençait déjà, en France et en Serbie, à deviser sur cette finale, et surtout à évoquer le bouillant public serbe, déjà très connu pour ses démonstrations de force en basket ou en football notamment. Guy Forget soulignait qu’il faudrait être mentalement au top pour résister à cette pression, tandis que sur son site, RMC sport titre même « Belgrade, ça fait peur ».

C’était sans compter sur un détail que nous rappellent les sites srbijasport.com et sportske.net, à savoir qu’il n’est pas  sûr aujourd’hui que la finale puisse se jouer à la Beogradska Arena.

Pour résumer, la Beogradska Arena est louée du 24 au 28 novembre au Cirque du Soleil. Or, la fédération internationale de Tennis exige que les joueurs puissent commencer à s’entraîner à partir du 29. Dans ces conditions, la seule surface envisageable pour être prêt du jour au lendemain, est le dur. Las, c’est la surface privilégiée des Français, alors que les Serbes veulent jouer sur terre battue, là où Novak Djokovic est souverain.

Pourrait-on jouer ailleurs? Non. Le règlement de l’ITF est clair: il faut une salle d’au moins 10.000 places, dans une ville avec un aéroport, et les délais ne sont pas négociables non plus. Or, la Beogradska Arena est la seule salle de ce genre en Serbie.

Un sacré casse-tête en perspective pour la fédération serbe de tennis, les exploitants de la salle, et le Cirque du soleil. Il est clair qu’à l’époque où la salle a été louée, nul ne pouvait imaginer que les Serbes, qui n’avaient jamais passé le 1er tour de Coupe Davis, iraient jusqu’en finale, à domicile qui plus est.

Aucune décision n’a encore été prise, mais il est clair que la perspective de jouer sur surface dure face à Jo-Wilfrid Tsonga, seul joueur français à mener aux confrontations avec Djokovic, n’enchante personne à Belgrade. Faire tous ces efforts, arriver en finale, et être contraint de jouer sur la surface privilégiée de ses adversaires, voilà un scénario confinant à l’absurde que tout le monde veut éviter en Serbie.